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Fiscalité : les baisses d’impôts et les mesures sociales n’ont pas profité aux foyers plus modestes

Les mesures fiscales et sociales prises depuis 2017 ont eu un effet négatif sur les foyers les plus modestes, selon une étude de l’Institut des politiques publiques.

pouvoir d'achat
Crédit : iStock.

La politique fiscale et sociale d’Emmanuel Macron n’a pas amélioré le pouvoir d’achat des foyers les plus modestes, estime l’Institut des politiques publiques (IPP). Selon une étude, elle a même été défavorable aux 5% des familles les plus pauvres, rapporte Le Point. Pour aboutir à une telle conclusion, les économistes ont simulé l’effet des mesures prises entre 2017 et 2022 sur le niveau de vie des ménages répartis au sein de cent catégories tenant compte de leur niveau de vie, des plus faibles aux plus élevés.

Les 28 milliards de baisses d’impôts enregistrées, compensées en partie par 4,2 milliards de réductions nettes de prestations sociales, ont permis d’injecter près de 24 milliards d’euros de pouvoir d’achat. Une bonne nouvelle qui en masque une très mauvaise si l’on y regarde d’un peu plus près. En effet, l’étude souligne que le niveau de vie de tous les foyers a progressé, exception faite de celui des 5% les plus modestes. Il y a ceux qui, depuis le début du mandat d’Emmanuel Macron, ont vu leur allocation logement reculer de 5 euros. Parallèlement, tous ont subi de plein fouet la hausse de la fiscalité indirecte, dont les taxes sur les carburants (+ 6 centimes/litre de TICPE sur le diesel et 3 centimes pour l’essence en 2018) ou celles sur le tabac en tête.

D’autres mesures à venir

Et ce n’est pas fini. Ceux qui alternent entre contrats courts et périodes de chômage risquent de voir leurs allocations chômage diminuer, rappelle l’hebdomadaire. Si, comme lors de l’étude proposée en septembre dernier par la Direction générale des finances publiques (DGFiP), l’Institut des politiques publiques conclut également à une amélioration de leur niveau de vie, celle-ci est plus limitée. La DGFiP la chiffrait à 4% contre 1% dans la nouvelle étude.

Cet écart s’explique par le fait que l’IPP prend uniquement en compte les mesures décidées pendant le quinquennat, quand celle de la DGFiP englobe également celles prises par François Hollande, mais appliquées entre 2017 et 2022. Et, puisque le gouvernement pourrait faire valoir qu’il aurait pu revenir sur ces mesures, ou qu’il a calibré les siennes en tenant compte des mesures décidées avant l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron, l’institut a décidé d’exclure de ses calculs certaines mesures. C’est notamment le cas de la revalorisation de l’allocation de soutien familial, du complément familial, de la revalorisation exceptionnelle du RSA ou bien encore de la généralisation du chèque énergie. Des mesures pourtant favorables au pouvoir d’achat des foyers les plus pauvres. Autre différence de taille, dans son étude, Bercy s’est concentré sur l’effet de ses mesures jusqu’en 2022, quand l’IPP a simulé leur pleine montée en charge.