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Taxe foncière : une flambée record en 2022

L’UNPI note une hausse de près de 5% dans les plus grandes villes de France.

taxe foncière
Crédit: iStock.

Mauvaise nouvelle pour les propriétaires. Entre 2021 et 2022, le montant de la taxe foncière a augmenté en moyenne de 4,7% dans les 200 plus grandes villes de l’Hexagone, explique l’Union nationale des propriétaires immobiliers (UNPI) ce mercredi 12 octobre 2022. Pour Frédéric Zumbiehl, juriste chargé de l’Observatoire de l’UNPI, il s’agit d’une année « record ».

L’inflation et les choix politiques responsables de la hausse

Le sursaut des chiffres s’explique en partie par l’inflation. Les valeurs locatives cadastrales ont bondi de 3,4% selon l’évolution des prix. Cela correspond à la hausse la plus importante depuis 33 ans. Pour rappel, en 2021 elles avaient été revalorisées de 0,2%, et de 1,2% un an auparavant.

Mais ce n’est pas tout. Les choix politiques de certains ne sont pas étrangers à cette hausse. L’augmentation moyenne des taux de taxes foncières sur le bâti et le non-bâti, appliqués par les collectivités territoriales ont augmenté de 1,3% en 2022. Sur dix ans, ils ont bondi de 11,3%, détaille le communiqué. De quoi interroger l’organisme qui s’inquiète d’une perte de pouvoir d’achat pour les propriétaires.

Ces derniers subissent déjà l’inflation de plein fouet (+5,8% en août 2022). D’autant plus que certaines villes appliquent des taux nettement supérieurs à la moyenne nationale. À Tours et à Marseille, les communes les ont augmentés de 16%. Ce n’est rien comparé à Poissy (+23,9 %), Mantes-la-Jolie (+22,2 %) et Martigues (+19 %), trio de tête des villes où la hausse a été la plus significative en 2022.

La taxe foncière a augmenté en moyenne de 24,9% en dix ans

Aussi, en l’espace de dix ans, la taxe foncière a augmenté en moyenne de 24,9%, ce qui correspond à 2,4 fois l’inflation. De plus, ce chiffre est 3,3 fois plus important que l’évolution des loyers sur la même période. Des chiffres inquiétants au regard de l’imprévisibilité que représente le montant de ces dépenses pour les propriétaires qui ne peuvent ainsi pas les budgéter.

Et ce n’est visiblement pas fini. Selon Christophe Demerson, le président de l’UNPI, qui s’est exprimé dans la presse, « des hausses terribles » sont à prévoir l’an prochain. « En 2023, nous serons encore loin des échéances électorales : ce sera donc encore une bonne année pour les communes pour augmenter massivement » cet impôt, estime-t-il, à l’heure de la guerre en Ukraine et de la flambée des prix à la consommation.