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Droits de succession : un allégement serait-il vraiment utile ?  

La grande majorité des Français souhaitent une réforme des droits de succession, même si un grand nombre d’entre eux ne sont pas concernés.

droits de succession
Crédit: iStock.

Le vote du Budget 2023 a laissé de côté un dossier qui avait pourtant été évoqué lors de la campagne présidentielle : celui d’une réforme des droits de succession. Emmanuel Macron avait en effet proposé leur allégement pour les héritages en ligne direct, compensé par une réduction de l’abattement pour les cas de successions indirectes. Une mesure qui pourrait se révéler très populaire, même si, dans les faits, l’impact sur la majorité des Français resterait assez limité, selon Les Échos. Selon le « Baromètre 2022 de l’épargne en France et en régions », réalisé par l’Ifop à l’initiative d’Altaprofits, la grande majorité des personnes interrogées verraient d’un bon œil une telle réforme, qui pourrait être incluse dans un prochain budget du quinquennat.

La majorité des Français exonérés des droits de succession

 
Les successions concernent tous les Français à un moment ou à un autre, qu’ils soient légataires ou bénéficiaires. Ce qui explique probablement la quasi-unanimité sur la question. Neuf Français sur dix (91%) considèrent que la réforme sur l’allégement des droits de succession est utile (32%) ou nécessaire (59%). Mais cette adhésion semble se baser sur une question de principe plutôt que sur une réalité financière. Les Français seraient tout simplement hostiles à l’idée que l’État taxe les efforts d’une vie destinés à assurer le bien-être de sa famille.

 En effet, une nette majorité de Français ne sont pas concernés par les frais de succession. Pour les successions en ligne directe, l’abattement est en principe de 100.000 euros. Or, la moitié des Français perçoivent moins de 41.100 euros, selon des chiffres de l’Insee datant de 2018. Et la moyenne nationale se situe à 135.400 euros. Les frais de succession semblent donc un problème qui ne concerne que les Français les plus aisés.


De quoi s’interroger sur la pertinence et l’efficacité d’une telle réforme. Lors de la campagne, Emmanuel Macron avait évoqué une hausse de l’abattement à 150.000 euros. Celui sur les successions en ligne indirecte (neveux, petits-enfants, fratrie…) devait à l’inverse être réduit de 150.000 à 100.000 euros.