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IFI 2021 : le casse-tête des évaluations

La pandémie du coronavirus ne permettra pas aux contribuables de diminuer la valeur de leurs biens taxables. Les prix ont augmenté en 2020 et il faut en tenir compte.

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Crédit : iStock.

Tous les redevables de l’impôt sur la fortune immobilière doivent remplir leur déclaration en même temps que celle de leurs revenus. Chaque année le casse-tête de l’évaluation empoisonne leur existence. Faut-il majorer les valeurs de l’an dernier ou les diminuer et dans quels cas ? Peut-on appliquer sans risques des abattements ? Ces questions sont, cette année, d’une actualité brûlante puisque chacun se demande si la crise sanitaire n’a pas un impact sur la valeur des biens imposables.

A vrai dire, les propriétaires ne doivent pas se faire d’illusion et penser à un effet d’aubaine. Toutes les données fournies par les notaires ou les grands réseaux immobiliers montrent que les prix en 2020 n’ont pas diminué. Ils ont même continué à augmenter dans des proportions plus ou moins importantes selon les communes. Il faut donc envisager une légère majoration des valeurs car il sera impossible de justifier d’une baisse significative des prix en cas de contrôle du fisc.

Cet autre effet de la crise

La crise pourrait même avoir un effet pervers puisque de nombreux biens loués se sont libérés en 2020 à la suite des faillites ou des fermetures de commerces et de restaurants ou plus simplement de départs de locataires qui ont quitté les grandes agglomérations pour l’herbe plus verte des villes moyennes ou les campagnes. Tous ces biens étant devenus libres de toute occupation au 1er janvier 2021, date d’appréciation de leur valeur, les propriétaires-bailleurs se trouvent dans l’impossibilité de maintenir les abattements appliqués jusqu’alors dans des proportions variables.

Quant aux contribuables télétravailleurs, qui disposent désormais de deux résidences qu’on dit « semi-principales » car ils vivent quatre jours à la campagne et trois jours dans une grande ville, ils ne sont pas en droit d’appliquer deux fois l’abattement de 30 % accordé à leur habitation. Ils doivent faire un choix entre l’une ou l’autre de ces résidences. Consolation pour eux : ils peuvent l’appliquer sur le bien qui a la plus grande valeur !