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« Pas un cadeau aux riches », l’IFI a rapporté 1,56 milliard d’euros en 2020

Opposé à ce que les contribuables les plus aisés soient taxés davantage, le ministre délégué chargé des Comptes publics, Olivier Dussopt, chiffre à 1,56 milliard d’euros la rentrée d’argent générée par l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) en 2020.

Impôt
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Supprimé il y a trois ans au profit de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI), l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) rapportait quelque 4 milliards d’euros par an à l’Etat. Pourtant, avec 1,56 milliard d’euros versé par 143 347 foyers fiscaux en 2020, l’IFI n’est pas un « pas un cadeau aux riches », estime Olivier Dussopt. Dans une interview accordée à La Croix et publiée le dimanche 11 juillet, le ministre délégué chargé des Comptes publics estime que « cette réforme a été trop souvent caricaturée. Le premier enseignement, c’est la grande hétérogénéité des contribuables assujettis à l’IFI ». Selon lui, seuls 25% d’entre eux disposent d’un patrimoine supérieur à 2,5 millions d’euros. Et la résidence principale constitue plus du tiers du patrimoine des « petits » assujettis à l’ISF, contre 6% pour les foyers déclarant plus de 10 millions d’euros de biens immobiliers.

« L’objectif de la réforme de la fiscalité du capital était d’avoir une fiscalité plus proche des standards internationaux et d’orienter l’épargne vers des placements plus productifs. La réforme participe au fait que la France est devenue le pays le plus attractif de la zone euro. Elle contribue aussi à l’accélération du retour de contribuables français partis à l’étranger », défend-il.

Successions et donations

Le fait que les 500 plus grandes fortunes de France ont prospéré pendant la crise sanitaire et économique du Covid-19 ne change rien pour le ministre. « La ligne du gouvernement est claire et constante : notre objectif est de baisser la fiscalité. Les impôts en France auront diminué de 25 milliards pour les ménages et d’autant pour les entreprises en cinq ans. La progression de certains grands patrimoines ne date pas de la crise et se retrouve partout dans le monde », souligne-t-il auprès de La Croix Un choix qu’il justifie ainsi : « La France fait partie des pays où le système de redistribution atténue le plus les inégalités. Durant la crise, nous avons tenu à protéger les ménages les plus fragiles. La suppression du dernier tiers de la taxe d’habitation pour 80 % des ménages ou la hausse de l’allocation de rentrée scolaire ont contribué à l’augmentation du pouvoir d’achat en 2020, malgré la violence de la crise ».

De la même manière, il préfère avancer prudemment sur le chemin de la réforme de l’impôt sur les successions et les donations. « Lorsqu’on parle de l’augmenter, chaque Français a le sentiment que l’État veut écorner le patrimoine qu’il a construit durant sa vie pour le transmettre à ses enfants. »