Les vacances de Pâques approchent. Un séjour en Italie vous tente. Vous envisagez un passage à Milan pour visiter le GAM (Galleria d’Arte Moderna) afin de découvrir les grands artistes italiens du XIXe siècle, bien moins connus en France que les védutistes vénitiens du XVIIIe siècle ou les grands génies de la Renaissance. C’est effectivement le moment puisque le GAM consacre une belle exposition au plus génial des portraitistes italiens de la Belle Epoque : Giovanni Boldini (1842-1931).

Mais avant votre départ, un détour à Paris par la galerie Maurizio Nobile s’impose. Jusqu’au 21 avril, elle expose « Les Italiens à Paris, de Boldini à Severini ». En une quinzaine de tableaux, on parcourt toute la gamme créatrice des artistes italiens de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle.

La galerie présente six œuvres de Boldini. Cet artiste est surtout connu pour ses grands portraits d’élégantes « Belle Epoque » à la silhouette longiligne, aux somptueuses tenues, aux chapeaux gigantesques. C’est l’univers de Proust qu’on contemple, celui de l’aristocratie et de la haute bourgeoisie, au mode de vie raffiné et codifié, qui disparaîtra dans l’horreur de la Première Guerre Mondiale.

Vous verrez ainsi Josefina Virginia de Alvear, descendante d’une grande famille argentine, mariée à un diplomate chilien, collectionneuse d’œuvres d’art, passionnée de littérature européenne. Elle nous apparait en robe du soir rouge, largement décolletée,  bordée de fourrure grise. Ses lèvres ont la couleur de la robe et contrastent avec ses yeux d’un noir de jais et sa carnation éburnéenne à l’image du long collier de perles ornant son cou. Sûre d’elle, mais réservée, elle semble avancer vers nous comme pour nous saluer et nous inviter à entrer dans son salon. Ce tableau est typique de Boldini, époustouflant et ébouriffant de virtuosité.

Vous verrez également un portrait plus « sage », un très beau nu mais également un ravissant tableau, une petite huile sur bois représentant deux jeunes femmes s’exerçant au piano. L’image est saisie sur le vif, par traits rapides et nerveux  et on assiste à un moment intime de la vie quotidienne de deux belles.

Un bel éventail d’artistes chez Maurizio Nobile

L’œuvre d’Antonio Mancini (1852-1930) est très différente. Ses créations, dans une veine vériste, représentent des enfants, des jeunes filles, des pauvres, de jeunes artistes de cirque, des musiciens qu’il a observés dans les rues de Naples. Le « Saltimbanque au violon », présenté par la galerie, est certainement l’un de ses chefs-d’œuvre. Le modèle est un jeune garçon miséreux rencontré dans les rues de Naples, Luigi Gianchetti. En costume de cirque, le visage grave, la chevelure noire, dense et bouclée, son regard semble perdu et cependant serein. Ce portrait est rempli d’émotion, d’amour et de respect pour cet enfant malmené par la vie.

Évoquons enfin un merveilleux et lumineux paysage de Federico Rossano (1835-1912) « Promenade dans le parc » (voir photo en haut de l’article). Une femme, des enfants et un chien se promènent sous les ombrages d’une grande allée par une belle et chaude journée d’été. Tout est paisible, le temps s’est arrêté. Le pinceau de l’artiste est doux, subtil rendant palpable l’intensité de la lumière du soleil pourtant caché par la densité des arbres.

L’exposition de la galerie Maurizio Nobile présente d’autres merveilles : des tableaux de Federico Zandomeneghi (1841-1917) dont le style est proche de celui de Renoir, une huile d’esprit classique de Gino Severini (1883-1966) et d’autres découvertes…

Alors, si vous voulez voyager artistiquement en Italie avant de vous rendre dans la Péninsule, mettez le cap sur la  Rive Droite de Paris pour pousser la porte de la galerie Maurizio Nobile.

 

Informations pratiques sur l’exposition de la  galerie Maurizio Nobile

Galerie Maurizio Nobile : « Les Italiens à Paris, de Boldini à Severini » (1870-1930), jusqu’au 21 avril, 34 rue de Penthièvre, 75 008 Paris. 

GAM Milano : « Boldini, ritratto di signora », jusqu’au 17 juin, via Palestro 16, Milano.