Le 23 mai prochain, la maison Artcurial met en vente plusieurs estampes de Kitagawa Utamaro, l’un des plus prestigieux artistes de l’Ukiyo-e. Elles dépeignent de belles créatures, d’une beauté presque irréelle.

Kitagawa Utamaro (1753-1806) est l’un des plus prestigieux artistes de l’Ukiyo-e (images du monde flottant). Il est principalement connu pour ses délicats portraits de femmes aux traits fins, aux chevelures d’un noir de jais, aux tenues précieuses et raffinées.

Avant lui, la notion de portrait n’existait pas dans l’estampe japonaise en dehors des images d’artistes du Kabuki représentés en buste. Il eut le premier l’idée de faire de même pour représenter en gros plan de jolies femmes. Il conçoit alors l’Okubi-e, la représentation de belles dont il ne montre que la tête, les épaules. Parfois, il dévoile le buste lorsqu’elles s’adonnent à certaines activités. Ces images sont d’une beauté et d’une délicatesse rare.

Utamaro, mais aussi Harunobu, Hiroshige et Sharaku

Le 23 mai prochain, la maison Artcurial met en vente plusieurs estampes d’Utamaro dépeignant ces belles créatures, d’une beauté presque irréelle alors qu’il prenait bien  souvent comme modèles les courtisanes les plus raffinées du Yoshiwara, le quartier des plaisirs d’Edo (Tokyo aujourd’hui).

L’une d’entre elle représente une jeune femme s’arrangeant une épingle dans les cheveux. Absorbée par sa coiffure, elle se penche, son kimono dévoilant un sein. Cette estampe s’appelle « L’amour évident » et appartient à la série « anthologie de poèmes : la section de l’amour ». Tout un programme !

Une autre estampe, toujours Okubi-e, illustre une jeune veuve se nettoyant le visage avec un tissu. Là encore, on pénètre l’intimité de la femme, ce moment d’isolement consacré à sa toilette, à sa mise en beauté. On est touché par cet instant comme si on participait intimement à sa vie quotidienne. Là encore, cette estampe appartient à une série nommée « Beautés célèbres en rapport avec les six poètes immortels ».

On peut également admirer Hitomoto de la maison Daimonjiya. Perdue dans ses pensées elle tient une pipe et esquisse un vague sourire. On ne sait pas vraiment à quoi elle pense mais on imagine certainement qu’elle se remémore sa rencontre avec un beau et fougueux daymio. 

On trouve aussi un portrait en buste d’une courtisane, Keisei Umegawa, abritée par une ombrelle tenue par un homme qui doit être l’un de ses admirateurs les plus fervents. On sent entre eux une proximité touchante. Leurs liens n’est pas seulement celui de la séduction mais plutôt l’expression d’un attachement profond.

En vous rendant chez Artcurial, vous admirerez de nombreuses autres œuvres d’Utamaro mais également des œuvres d’ Harunobu, Hiroshige et des portraits d’acteurs de Sharaku.

Ne boudez-pas votre plaisir et n’hésitez-pas à acheter si vous le pouvez. L’art japonais est actuellement beaucoup plus accessible que l’art chinois même quand il s’agit de chefs-d’œuvre.

 

Informations pratiques Vente Artcurial « Au temps du japonisme, une collection d’estampes »

23 mai, 7 Rond-Point des Champs-Elysées, 75 008 Paris.

Exposition les 19, 21 et 22 mai de 11h à 18h