Si vous me lisez régulièrement, vous savez certainement que, l’âge venant, j’ai une sérieuse tendance à radoter. Je vais donc continuer dans cette voie  et vous répéter de ne pas jeter tout ce qui encombre vos caves ou greniers sans procéder à un examen attentif de ce qu’il contient. Car, les objets de vos aïeuls ne sont pas tous destinés à la déchetterie.

Le marché de l’art fourmille en effet d’histoires de famille dans lesquelles des héritiers découvrent dans un grenier un tableau poussiéreux, une sculpture laissée dans un coin ou des potiches d’un autre âge ne correspondant plus aux goûts du jour.

C’est ce qui vient d’arriver à une famille. Dans le grenier d’une maison de province, ils ont trouvé dans une vieille boîte à chaussures un vase en parfait état qui y était oublié depuis plusieurs décennies. Ce vase aurait été acquis à la fin du XIXe siècle sans qu’on sache précisément comment.

Un vase estimé entre 500.000 et 700.000 euros

Et ce vase n’a rien d’une potiche ordinaire. Il s’agit d’une porcelaine de la famille rose, de marque et d’époque Qianlong (1735-1796) d’une insigne rareté. En effet, les inventaires impériaux font état de deux paires comparables à ce vase, l’une commandée en 1765 et la seconde en cadeau d’anniversaire en 1769.

Cette porcelaine est caractéristique des productions des ateliers impériaux de Jingdezhen dont les créations donnent une impression de richesse et de luxe.

Le vase trouvé dans ce grenier est décoré d’un paysage aux animaux. On y voit neuf daims et cinq grues sur fond de paysage rocheux, certainement la représentation d’un parc réservé aux plaisirs de l’Empereur. Ces animaux ont une grande valeur symbolique. Le daim est synonyme de prospérité et de bonheur, la grue personnifiant la vieillesse, ces oiseaux étant également les montures des immortels dans les airs.

Cet exceptionnel vase sera vendu le 12 juin prochain à Paris par Sotheby’s. Il est assez modestement estimé 500 000 à 700 000 euros. A titre de comparaison, un petit bol similaire a été vendu, toujours chez Sotheby’s, mais à Hong-Kong pour la coquette somme de 24 597 944 euros.

Un conseil : montez au grenier. On ne sait jamais. Vous découvrirez peut-être un trésor qui vous rendra riche.

Vente Sotheby’s Paris, Arts d’Asie, 12  juin 2018

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