Presque inconnu en France Takehiko Sugawara est pourtant l’un des plus grands artistes de l’Empire du Soleil Levant. Il est vrai qu’aujourd’hui, la mode est aux artistes chinois qui bénéficient d’une énorme couverture médiatique.

Les œuvres de cet artiste sont prenantes, presque magiques et envoûtantes. Quand on regarde un de ses tableaux, on reste figé devant leur fascinante beauté. Ce ne sont que paysages tourmentés, branches d’arbre fossilisées, nature recomposée.

Son style est assez proche de celui qu’on retrouve sur les paravents à feuilles d’or de l’époque Momoyama (1573-1603) mais il en modifie les codes de représentation en insufflant à ses toiles une touche de modernité proche de l’abstraction pure. En résumé, son travail mélange traditions ancestrales du Japon et inspirations tirées de grands artistes comme Hartung, Georges Mathieu ou encore Joan Mitchell.

Sugawara travaille sur washi, un papier à la fibre du mûrier

Takehiko Sugawara, né en 1962 à Tokyo, se fonde sur les techniques les plus traditionnelles pour composer ses œuvres.  Il travaille sur washi tendu sur panneau de bois. Il s’agit d’un papier fabriqué dans la fibre du mûrier, très résistant et durable. Il lui permet d’appliquer ses couleurs réalisées dans un mélange de colles et de pigments minéraux naturels fins.

Ces derniers appliqués sur le revers, traversent le support par capillarité et migrent vers la face visible à terme. Ensuite, il tend le papier sur un panneau de bois puis peint la face visible avec un mélange de colle riche en pigment épais. Dans certaines œuvres, il recouvre le wasi, de carrés de feuilles d’or, de platine ou d’argent et peint ensuite. Il peut alors utiliser l’encre de Chine et des cendres de résineux qui se rétractent au séchage et forment sur la toile des craquelures évoquant l’écorce des cerisiers du Japon.

Le résultat est magnifique aussi bien dans ces grandes toiles que dans celle de dimensions plus raisonnables.

La galerie Taménaga lui consacre une exposition du 24 mai au 14 juin. La sélection proposée résume parfaitement la puissance et la délicatesse de son œuvre. Entre  un somptueux et immense triptyque et des toiles s’apparentant à de petits paravents aux motifs de branches fleuries, l’amateur aura le choix.

L’artiste n’est pas encore hors de prix loin de là. Il faut compter 8 000 à 10 000 euros pour ses toiles de dimensions raisonnables pour atteindre 20 000 à 30 000 euros pour de grandes œuvres et même près de 80 000 euros pour un triptyque de près de six mètres de largeur.

Faut-il acheter ? Oui sans hésitation. L’œuvre de Takehiko Sugawara est unique et merveilleuse.

Exposition Takehiko Sugawara

Galerie Taménaga, du 24 mai au 14 juin

18 avenue Matignon, 75008 Paris

www.tamenaga.com