Mi-juillet, il est de tradition à Londres de proposer aux amateurs des ventes de peinture anglaise consacrées aux artistes victoriens et préraphaélites. Cette année, Christie’s propose un catalogue étoffé de près de 180 œuvres.

Parmi elles, on trouve des splendeurs  de l’école préraphaélite signées  Dante Gabriel Rossetti, Edward Burne-Jones, John William Waterhouse…

Mais ce qui frappe ce sont les 26 dessins, sanguines, aquarelles de Simeon Solomon (1840-1905) provenant tous de la même collection. L’artiste est peu connu, voir même totalement inconnu en France. Pourtant son œuvre est magnifique et singulière. Elle tient certainement à la vie contrariée et tourmentée de l’artiste.

Né dans une grande famille juive de marchands, Simeon Solomon étudie dans une académie d’art puis découvre, par l’entremise de Dante Gabriel Rossetti, le préraphaélisme. Son succès est rapide mais la chute sera brutale. En 1873, il est arrêté dans un urinoir public londonien pour outrage aux bonnes mœurs et accusé de sodomie. L’année suivante, une mésaventure similaire lui arrive à Paris. Dans la société victorienne corsetée, un tel comportement vous condamnait à l’infamie. Sa carrière sera brisée. Il continue à peindre et à dessiner mais sombre alors dans l’alcoolisme et meurt en 1905.

Tout l’univers de Simeon Solomon représenté

Son œuvre est un mélange subtil d’influences : illustrations de l’Ancien Testament, anges de tradition chrétienne, personnages mythologiques ou simples portraits de créatures idéalisées.

Simeon Solomon, “Mercure et Proserpine”, estimation de 4 600 à 6 800 euros. Copyright : Christie’s Images Limited

Mais son style est reconnaissable entre tous. Les personnages baignent toujours dans un halo donnant ainsi l’impression qu’ils flottent dans un monde inconnu. Ils sont toujours d’une beauté parfaite : grands yeux doux, nez régulier et profil de statue grecque, chevelure abondante, ce sont des êtres irréels, merveilleux qu’on croirait sortir d’un conte ou d’une légende arthurienne.

Simeon Solomom, « Orphée », estimation de 14 000 à 21 000 euros. Copyright : Christie’s Images Limited

A contempler ces créatures, on pense rêver et partir à la découverte d’un univers lointain, inabordable et pourtant si merveilleux et enviable.

Simeon Solomon, « L’annonciation », daté 1884, estimation 18 000 à 29 000 euros. Copyright : Christie’s Images Limited

Pour ceux qui voudraient rêver tous les jours devant les œuvres de Simeon Solomon, nulle crainte à avoir quant au prix à mettre. Les estimations commencent à 2 300 euros et montent pour la plus belle pièce jusqu’à 40 000 euros.

Simeon Solomon, « L’Archange Gabriel », daté 1886, estimation 6 900 à 9 100 euros. Copyright : Christie’s Images Limited. 

“Victorian, preraphaelite and british impressionist Art”

Christie’s Londres, vente du 11 juillet

Exposition du 7 au 11 juillet, plus d’informations sur www.christies.com