L’exceptionnelle provenance et la qualité des éditions ont joué à plein : la dispersion aux enchères d’une partie de la bibliothèque de l’ancien président François Mitterrand a remporté un grand succès avec un résultat d’un peu plus de 1,5 million d’euros (avec frais), plus de trois fois les estimations hautes. Organisée à Paris par la maison Piasa sur deux jours, lundi et mardi, la vente concernait un millier d’ouvrages de littérature du XXe siècle, le plus souvent des éditions originales reliées, qui ont suscité un grand intérêt avec 100 % des lots adjugés devant des salles combles et de nombreux enchérisseurs qui se sont disputés les éditions les plus emblématiques. Ce fonds d’ouvrages modernes appartenait depuis la mort de l’ancien chef de l’État, au fils cadet de François Mitterrand, Gilbert. Parmi les enchères les plus hautes, une édition des « Hommes de bonne volonté » de Jules Romains (41.600 euros avec frais), « Comme le temps passe » de Robert Brasillach et « De Gaulle » de François Mauriac (31.200 euros chaque ouvrage).

Des ouvrages reliés par Danielle Mitterrand

Un exemplaire de « Notre jeunesse » de Charles Péguy a été adjugé 29.900 euros, tandis que « L’Amant de la Chine du Nord » de Marguerite Duras a trouvé preneur à 23.400 euros, toujours avec frais. Une édition originale des « Justes » d’Albert Camus est parti à 20.800 euros, après une belle bataille. « Cent ans de solitude » de Gabriel Garcia Marquez, Gabriel, a été vendu 13.000 euros. « Démocratie française », l’essai de l’ancien président Valéry Giscard d’Estaing a été adjugé 10.400 euros, tout comme les « Avant-Mémoires » de Gorbatchev. La première édition de « La Colline inspirée » de Maurice Barrès a trouvé preneur à près de 7.000 euros, plus de quatre fois l’estimation haute. Plusieurs ouvrages de la vente avaient été reliés par Danielle Mitterrand, l’épouse de l’ancien président.