L’an dernier, pour sa première édition au Palais Brongniart, Fine Arts Paris, manifestation consacrée à la peinture, au dessin et à la sculpture, avait séduit un public d’amateurs avertis et de critiques d’art par la qualité et la diversité des œuvres présentées. Les organisateurs de ce salon comptent bien capitaliser sur ce succès et son président, Louis de Bayser, déclare vouloir en « faire une date repère dans le calendrier des collectionneurs ».

Les 43 galeries, dont 17 nouveaux exposants, occuperont cette fois le Carrousel du Louvre. Après la dernière Biennale qui, il faut bien l’avouer, n’était pas à la hauteur de sa réputation de grande foire internationale d’art, Fine Arts Paris est attendue avec impatience par les collectionneurs.

Si la peinture et le dessin restent bien évidemment très présents pour cette édition 2018, Fine Arts Paris mettra la sculpture en avant et s’associe avec les musées et les grandes institutions pour un parcours dans la capitale qui permettra de visiter les réserves de sculpture du musée du Louvre ou le dépôt des œuvres d’art de la ville de Paris.

De nombreuses œuvres des plus grands noms

Au Carrousel, l’amateur pourra découvrir et acheter des œuvres des plus grands comme Edgar Degas (1830-1917), Auguste Rodin (1840-1917), Camille Claudel (1864-1943) ou Rembrandt Bugatti (1884-1916) aux prix forcément très élevés. La galerie Berès propose ainsi un merveilleux « Cheval au galop » de Degas alors que l’Univers du bronze expose un exceptionnel buste de Victor Hugo par Rodin (1840-1917). L’écrivain refusa de poser mais le sculpteur qui lui vouait une grande admiration put faire quelques croquis pris sur le vif, au cours de ses repas ou de ses siestes.

Auguste Rodin (1840-1917), buste de Victor Hugo, galerie l’Univers du Bronze

 

Edgar Degas (1830-1917), Cheval au galop, 1919, bronze, galerie Berès.

 

Mais le visiteur se rendra vite compte qu’il peut trouver d’excellents artistes méconnus mais financièrement beaucoup plus accessibles. C’est tout l’intérêt de la sculpture qui reste, aujourd’hui encore, un secteur à défricher où un collectionneur peut acquérir des œuvres de belle facture à prix raisonnés.

Heureusement pour le néophyte un peu perdu dans les écoles, les styles et les époques, de nombreux galeristes passionnés feront partager leurs coups de cœur. Xavier Eeckhout propose ainsi un bronze de deux jeunes springles par Enrico-Manfredo di Palma-Falco (1886-1988) et un ravissant poulain de Marcel Lémar (1892-1941), deux sculpteurs animaliers rares sur le marché.

Marcel Lémar(1892-1941), poulain, galerie Xavier Eeckhout

 

Patrick Lancz de Bruxelles expose Victor Rousseau (1865-1954), un artiste belge presque inconnu en France dont les œuvres, selon le galeriste, conduisent à « une élévation dans la grâce ». D’autres n’hésitent pas à bousculer les conventions. La galerie Malaquais s’intéresse à François Pompon (1855-1933) mais délaisse son célébrissime ours blanc dont on trouve partout des reproductions pour présenter une remarquable tête d’orang-outan. Enfin, même anonymes, certaines sculptures sont particulièrement séduisantes comme cet archange romain, une terre cuite baroque du XVIIe siècle que vous verrez sur le stand de la galerie Perrin.

Ce focus sur la sculpture ne se fait pas au détriment de la peinture et du dessin. La sélection des galeries est vraiment de grande qualité. Il faut impérativement s’arrêter devant l’aquarelle de Francesco Hayez (1791-1882), grand artiste romantique italien que Stendhal considérait comme le meilleur peintre de son temps. Sa représentation de Rinaldo et Armida, exposée par la galerie Paolo Antonacci, est typique de l’esprit néo-gothique en vogue au XIXe siècle.

Parmi les beaux dessins, il sera possible de contempler une « Sainte Radegonde prenant le voile » de Pierre Puvis de Chavannes chez Talabardon & Gautier, un « départ pour les champs » de Jean-François Millet (1814-1875), plusieurs Eugène Boudin (1824-1898) et bien d’autres encore.

De nombreux tableaux classiques ou baroques du XVIIe ou du XVIIIe siècle sont également exposés. Citons un Francesco Cozza (1605-1682) à la galerie Leegenhoek, un Michel II Corneille (1642-1708) chez de Bayser, un Louis de Boullonge (1654-1733) chez Baulme fine arts ou encore un « paysage de ruines antiques » de Pierre Patel (1605-1676) chez Eric Coatalem.

Les amateurs du XIXe siècle et d’art moderne ne sont pas délaissés. Ils pourront acquérir des œuvres d’Achille Laugé (1861-1944), de Gaston Schnegg (1866-1953), de Jean-Baptiste Carpeaux (1827-1875), d’Hans Hartung (1904-1989), de Dadamaino (1930-2004), de Gaston Chaissac (1910-1964) ou de Sonia Delaunay (1885-1979)…

Achille Laugé (1861-1944), portrait de jeune garçon, galerie Mathieu Néouze

 

Gaston Schnegg (1866-1953), « Jeanne coupant des fruits », galerie Chantal Kiener (photo Tomshapiro)

 

Signalons enfin un artiste très rarement vu en France le norvégien Peder Balke (1804-1887). Son amour des paysages se reflètent dans ses compositions dont le style est influencé par William Turner (1775-1851) et Caspar David Friedrich (1774-1840). Le roi Louis-Philippe lui avait acheté plusieurs œuvres, aujourd’hui conservées au Louvre.

 

Fine Arts Paris, du 7 au 11 novembre, Carrousel du Louvre, 99 rue de Rivoli, 75001 Paris.

Prix d’entrée :15 euros avec catalogue.