Le design animalier à Paris chez Sotheby’s

Le monde animal est une source infinie d’inspiration pour les artistes. Démonstration avec cinq œuvres proposées à la vente le 20 novembre prochain.

Lot 6. François-Xavier Lalanne. HIPPOPOTAME III, MODELE CREE EN 1991 EXEMPLAIRE REALISE EN 2000. Bronze patiné et doré. Est. 200.000 € – 300.000 €. Crédits : Sotheby’s Images Limited.

De tout temps, les artistes se sont inspirés du monde animalier dans leurs créations. On retrouve des chats et des hippopotames dans l’Egypte ancienne, des chevaux et des chiens dans les riches tapisseries de la Haute Epoque, des animaux exotiques comme la girafe ou le rhinocéros sur les faïences du XVIIIe et du XIXe siècle, des lézards en bronze ornant le mobilier japonisant ou néo-gothique de la fin du XIXe siècle… Cette tradition est toujours bien vivante au XXe siècle et en ce début de XXIe siècle. La vente Design proposée par Sotheby’s Paris le 20 novembre prochain en apporte la démonstration. De nombreux lots ont pour thème l’animal. Chez Armand-Albert Rateau (1882-1938), il participe à l’ornement des objets. C’est le cas de ce petit cendrier en bronze conçu vers 1925. Les pieds ont la forme de jeunes félins aux grands yeux découvrant le monde alors que sur les bords du cendrier sont posés quatre papillons aux ailes déployées. Ici, les animaux donnent au cendrier un aspect plus léger et font totalement oublier son aspect utilitaire. Il faudra compter 70 000 à 90 000 euros pour l’emporter.

Armand-Albert Rateau. Cendrier, VERS 1925. Bronze doré. Est. 70,000 € – 90,000 €. Crédits : Sotheby’s Images Limited.

 

Pour François-Xavier Lalanne (1927-2008), ils ne sont pas un élément décoratif du meuble mais le meuble lui-même. En s’inspirant des animaux, de leur aspect et de leur gestuelle, il réalise des meubles d’une extraordinaire poésie nous faisant ainsi prendre conscience qu’ils font partie intégrante de notre vie d’humain. C’est le cas de cette lampe singe en argent estimée 100 000 à 150 000 euros. Le petit animal, certainement un bonobo, tient dans deux de ses pattes, ne devrait-on pas plutôt dire ses mains, un globe de verre abritant l’ampoule. Il nous regarde, interloqué, se demandant ce qu’il fait là chez les humanoïdes alors qu’il pourrait jouer dans les arbres de la forêt vierge.

François-Xavier Lalanne. Singe allumé, modèle créé en 2002, exemplaire réalisé en 2011. Argent et verre. Est. 100.000 € – 150.000 €. Crédits : Sotheby’s Images Limited.

 

Tout aussi extraordinaire est cet hippopotame en bronze patiné à l’intérieur doré (200 000 à 300 000 euros). De dimension beaucoup plus modeste que l’animal lui-même, il peut servir de coffre et s’installer dans un grand salon apportant ainsi en milieu urbain une impression d’Afrique.

François-Xavier Lalanne. Hippopotame III, Modèle Cree En 1991 Exemplaire Réalisé En 2000. Bronze patiné et doré. Est. 200.000 € – 300.000 €. Crédits : Sotheby’s Images Limited.

Diego Giacometti (1902-1985) parsème son mobilier de bronze d’oiseaux, de grenouilles et d’animaux de nos contrées. Il réalise également de petites sculptures animalières au charme campagnard. Les hiboux sont parmi ses modèles favoris. Dans chaque sculpture transparaît une tendresse particulière pour cet animal. C’est le cas de ce hibou perché sur une pierre (15 000 à 20 000 euros). Il est en position d’observation, attentif au moindre mouvement qui l’entoure. Heureusement pour nous, nous ne sommes pas sa proie et nous pouvons le contempler à loisir.

Diego Giacometti. Hibou, vers 1980. Sculpture en bronze patiné, base en pierre. Est. 15.000 – 20.000 €. Crédits : Sotheby’s Images Limited.

Dom Robert (1907-1997), pseudonyme de Guy de Chaunac-Lanzac, est peu connu du grand public. Ce moine bénédictin est un tapissier de génie. Suite à sa rencontre avec Jean Lurçat, il créé des tapisseries avec l’atelier Tabard à Aubusson. On pourrait qualifier ses œuvres « d’écologiques avant l’heure ». Il y exalte les beautés de la nature et son style s’inspire du style mille-fleurs du Moyen-Age. Ses tapisseries sont peuplées d’arbres, de feuillages, de fleurs aux couleurs vives, d’animaux heureux dans un milieu naturel préservé. C’est le cas de « L’arbre qui chante », œuvre réalisée en 1950 et estimée 8 000 à 12 000 euros, dans laquelle des oiseaux au ramage rutilant semblent mener une existence insouciante.

Dom Robert de Chaunac. L’arbre qui chante, tapisserie 1950. Est. 8.000 – 12.000 €. Crédits : Sotheby’s Images Limited.

Design, vente Sotheby’s le 20 novembre, 76 rue du Faubourg Saint-Honoré 75008 Paris, exposition le 16,17 et 19 novembre de 10h à 18h. Plus de d’informations sur www.sothebys.com

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