« The Exceptional Sale » : l’exceptionnel en trois œuvres d’art chez Christie’s

Dans sa vente du 27 novembre prochain Christie’s Paris propose plusieurs objets rares par leur qualité. Ils ont, de plus, appartenu à de grands personnages de l’histoire.

Lot 503. CHÂSSE EN EMAIL CHAMPLEVE, CUIVRE DORE, GRAVE ET CISELE REPRESENTANT L’ADORATION DES ROIS MAGES, LIMOGES, VERS 1210-1220. Face majeure représentant les trois Rois s’avançant vers la Vierge à l’Enfant tenant un sceptre fleurdelisé. Ancienne collection du roi Frédéric-Guillaume IV de Prusse. Estimation : €400,000-600,000. ©Christie’s Images Ltd,2018

L’intitulé de la vente organisée le 27 novembre prochain par Christie’s peut paraître prétentieux. « The Exceptional Sale » (la vente exceptionnelle en Français, Ndlr), laisse à penser que l’amateur va découvrir des merveilles insoupçonnées. Ravalons notre tendance à critiquer pour reconnaître que c’est bien le cas. Nombreux sont les lots qui ont de quoi séduire les plus exigeants.

Une figure de sainte lisant les Écritures devrait susciter la convoitise des amateurs de tableaux anciens. Il s’agit d’une œuvre de Bernardino Luini (vers 1480/85-vers 1532). Élève de Léonard de Vinci, Luini était très proche du grand maître. Il appartenait au groupe des « Leonardeschi ». Luini suivit les préceptes de Leonard de Vinci et ce, avec une telle précision, que bien souvent ses œuvres ont été attribuées à Léonard. La sainte proposée par Christie’s est douce et calme, le visage lumineux, les boucles dorées de ses cheveux tombant sagement sur ses épaules, sa main tenant délicatement le livre de prières. La lecture lui apporte la sérénité. Cette huile sur panneau de dimension raisonnable (40 x 30 cm) appartenait à la belle et très élégante duchesse de Berry, la belle-fille du roi Charles X. C’est un tableau d’une grande rareté ce qui explique son classement parmi les Monuments Historiques, entravant ainsi sa libre circulation hors de France. Cette restriction influe sur son estimation qui n’est que de 400 000 à 600 000 euros, des montants raisonnables pour une œuvre emblématique de la Renaissance italienne.

Lot 508. BERNARDINO LUINI (LUINO VERS 1480/85-VERS 1532 MILAN ?). Figure de sainte, en buste, avec une palme et lisant les Écritures, Au revers la marque rouge du cachet de la collection de Son Altesse Royale la duchesse de Berry et une inscription ancienne manuscrite avec l’ancienne attribution à Leonard de Vinci. Estimation : €400,000-600,000. ©Christie’s Images Ltd,2018

 

Au Moyen-Age, la ville de Limoges était réputée pour la qualité de ses émaux champlevés, une technique consistant à créer des alvéoles dans une plaque de cuivre afin d’y couler de la poudre ou de la pâte d’émail. Une châsse datée de 1210-1220 est présentée dans la vente du 27 novembre. On y voit les trois Rois mages s’avançant avec leurs présents vers la Vierge à l’Enfant tenant un sceptre fleurdelisé. Le dessus de la chasse représente les trois rois chevauchant dans un paysage d’arbres fleurons et suivant l’étoile qui les mènera à Bethléem auprès de l’Enfant Jésus. Cette châsse magnifique fut offerte au roi de Prusse Frédéric-Guillaume IV (1795-1861) surnommé le « Roi romantique ». Passionné par le Moyen-Âge, il avait supervisé les travaux d’achèvement de la cathédrale de Cologne. Elle est estimée 400 000 à 600 000 euros.

Lot 503. CHÂSSE EN EMAIL CHAMPLEVE, CUIVRE DORE, GRAVE ET CISELÉ REPRÉSENTANT L’ADORATION DES ROIS MAGES, LIMOGES, VERS 1210-1220. Face majeure représentant les trois Rois s’avançant vers la Vierge à l’Enfant tenant un sceptre fleurdelisé. Ancienne collection du roi Frédéric-Guillaume IV de Prusse. Estimation : €400,000-600,000. ©Christie’s Images Ltd,2018.

 

A la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle le mobilier antiquisant inspiré par les découvertes de Pompéi puis de l’Egypte fait fureur. C’est ainsi que vers 1788-1790 la marquise de Marbeuf se fit livrer par Georges Jacob (1739-1814), célèbre ébéniste de l’époque, un mobilier de salon (quatre fauteuils et deux canapés) aux sphinges ailées, en bois doré, partiellement laqué blanc. La pauvre marquise ne put échapper à l’échafaud et c’est en 1801 que Joseph Bonaparte, le frère de Napoléon alors Premier Consul, acquiert son hôtel particulier avec son mobilier. Cet ensemble réalisé dans les dernières années de la monarchie était tout à fait « tendance » et correspondait parfaitement à l’égyptomanie qui régnait sous l’Empire. Ce mobilier exceptionnel est estimé 300 000 à 500 000 euros.

Lot 514. MOBILIER DE SALON DE LA FIN DE L’EPOQUE LOUIS XVI. ESTAMPILLE DE GEORGES JACOB, reçu maître en 1765, vers 1788-1790, en noyer mouluré, sculpté, doré et partiellement laqué blanc, comprenant deux canapés et quatre fauteuils. Ancienne collection de Joseph Bonaparte, frère de Napoléon Ier. Estimation : €300,000-500,000. ©Christie’s Images Ltd,2018.

 

Pour admirer les autres splendeurs de cette vente, vous n’avez plus qu’une seule solution : vous rendre chez Christie’s avenue Matignon.

The Exceptional Sale 2018, Christie’s Paris, le 27 novembre, exposition du 23 au 27 novembre de 10h à 18h, plus d’information sur www.christies.com

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