Caspar David Friedrich en vente aux enchères à Londres

Le romantisme allemand est une ode à la nature. Les forêts sombres, les éléments déchainés, les ruines de châteaux médiévaux, la mer à l’infini, les reflets du soleil sur les montagnes ou sur les lacs, tous ces éléments façonnent l’âme humaine, lui apportent joie ou tristesse, mélancolie, langueur ou entrain. Le plus romantique des peintres allemands est sans conteste Caspar David Friedrich (1774-1840). Pour l’artiste, « Le peintre ne doit pas peindre seulement ce qu’il voit en face de lui, mais aussi ce qu’il voit en lui ». L’art est l’expression des rapports entre l’homme et la nature, cette dernière étant considérée comme la partie visible de la création divine. Le paysage peint par Friedrich est donc spirituel. S’il s’inspire de la nature, il ne la reproduit pas servilement. Devant elle, l’homme ne peut que méditer et contempler et se rapprocher de Dieu. La nature est un état d’âme puisque pour l’artiste « Le divin est partout jusque dans un grain de sable ».

Son tableau le plus célèbre est certainement « Le voyageur contemplant une mer de nuages » qu’on peut admirer au Kunsthalle d’Hambourg. Ses œuvres sont rares en ventes aux enchères. Pourtant Sotheby’s Londres, dans sa vente du 12 décembre, en propose deux. La plus belle toile représente un paysage de lac et de montagnes dans la lumière du matin. Dans un pré, trois vaches paissent tranquillement. Un homme seul comme écrasé par la puissance des montagnes contemple un lac calme aux reflets gris-bleuté. Sa silhouette si petite face à l’immensité de la nature semble figée, comme tétanisée par cette beauté qui l’envahit. Le divin est bien présent. Cette œuvre magistrale et magnifique est estimée 2,2 à 3,4 millions d’euros.

Caspar David Friedrich, « Paysage avec lac de montagne au matin », estimation 2,2 à 3,4 millions de dollars. Copyright Sotheby’s images limited.

L’autre tableau est plus raisonnable et bénéficie d’une estimation plus modeste (560 000 à 780 000 euros). Il représente une forêt assombrie par les nuages, s’écartant, laissent passer un ciel bleu et les rayons du soleil. Ce paysage est un peu oppressant, un arbre dénudé symbolisant la mort. Le seul élément attestant d’une présence humaine est celle d’une petite maison, une cabane au loin, dont la dimension incite l’homme à l’humilité.

Caspar David Friedrich, « Rayons de soleil dans les Giant Mountains », estimation 560 000 à 780 000 euros. Copyright Sotheby’s images limited.

Sotheby’s Londres, vente du 12 décembre, Peintures européennes du XIXe siècle, exposition du 8 au 12 décembre. Renseignements : www.sothebys.com

Robin Massonnaud

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