A la Galerie Pierre-Alain Challier, les œuvres de 14 artistes utilisant l’obsidienne pour créer des bijoux et des miroirs !

La galerie Pierre Alain Challier réunit quatorze artistes et designers sur le thème de l’obsidienne. Une découverte fascinante de pièces créées pour l’éternité.

Miroir « Beluga » de Mattia Bonetti. Crédit : Galerie Pierre-Alain Challier.

Connaissez-vous l’obsidienne ? Si l’on s’en tient à la définition donnée sur Wikipedia, il s’agit d’une roche volcanique vitreuse riche en silice. De couleur grise, vert foncé, rouge ou noir, elle est issue d’une lave acide. Toujours d’après Wikipedia, « son nom, selon Pline l’Ancien, viendrait de Obsius, personnage de la Rome antique qui aurait signalé en premier la présence de cette roche en Ethiopie, mais les linguistes relient ce nom au latin obsidio, « cerné », les cassures de l’obsidienne présentant des cernes. »

Zoé Ouvrier : miroir obsidienne.
Crédit : Galerie Pierre-Alain Challier.

Pendant la Préhistoire, cette roche servait à confectionner le tranchant des armes et des outils, « fonction tranchante » que l’on retrouve dans l’art précolombien avec d’inquiétants et magnifiques poignards sacrificiels. Sous l’Antiquité les artisans l’utilisaient pour créer des objets précieux comme ces miroirs égyptiens du Moyen Empire aux formes parfaites.
Puis l’obsidienne sera oubliée. Il faudra attendre les années Arts déco pour la redécouvrir sous la forme de lampes de tables créées par Jean-Michel Frank (1895-1941).

Un résultat époustouflant de beauté

Aujourd’hui, c’est Pierre-Alain Challier qui propose, dans sa galerie parisienne, un parcours baptisé « Un miroir d’obsidienne ». Il a réussi l’exploit de réunir quatorze artistes sur un projet en apparence un peu fou : créer des miroirs, des bijoux et des objets d’art utilisant cette pierre semi-précieuse. Aidés par un tailleur de pierres exceptionnel Michel der Agobian, ils ont tous joué le jeu. Et le résultat est d’une époustouflante beauté.

Les miroirs de Mattia Bonetti sont merveilleux. On se croirait dans un conte de fée. On les imagine installés dans la chambre de la princesse au petit pois, contemplant son image au matin après une mauvaise nuit passée dans son lit malgré les vingt matelas et vingt édredons installés par la reine qui l’accueillait en son palais. Le designer utilise des perles d’obsidienne noire pour les imaginer. On dirait du caviar d’où le nom de ses créations Beluga et Sevruga.

Miroir « Beluga » de Mattia Bonetti. Crédit : Galerie Pierre-Alain Challier.


Les miroirs de Zoé Ouvrier sont oniriques. Avec eux, on change d’univers. On entre dans la forêt de Brocéliande et la geste des chevaliers de la Table Ronde. On cherche son reflet dans l’obsidienne encerclée et l’on s’imagine en armure prêt à partir à la recherche du Saint-Graal.

Arik Levy utilise des plaques d’obsidienne polies pour créer des ensembles très structurés. Il met ainsi en valeur la transparence de la pierre et joue sur leur aspect strié. Ce sont de véritables tableaux de pierre à l’image des toiles de Pierre Soulages.

Jean-Baptiste Sibertin-Blanc a réalisé pour l’exposition deux grands miroirs. L’un d’eux ressemble à une multitude de bulles de savons de verre et d’obsidienne, l’autre s’apparentant à une subtile marqueterie de roche brune jouant sur les contrastes de couleur et de transparence.

Miroir « Au fil du temps » de Jean-Baptiste Sibertin-Blanc. Crédit : Galerie Pierre-Alain Challier.


Hubert le Gall a inventé un miroir de bronze et de nickel à la tête en forme de loup ou de renard en obsidienne noire mais il a également réalisé des boutons de manchettes en forme de fleurs.

Miroir « Gloopy » d’Hugues le Gall. Crédit : Galerie Pierre-Alain Challier.


La galerie est en effet connue pour ses bijoux d’artistes et nombre d’entre eux proposent de belles pièces à offrir en cette fin d’année : Arik Lévy, Jena-Michel Othoniel, Mattia Bonetti, Jean-Luc Parant et bien d’autres.

Quant aux prix, ne vous inquiétez-pas ! De jolis bijoux sont accessibles à partir de 800 euros. Pour les pièces plus importantes comme les miroirs, à mon sens ce qu’il y a de plus beau dans cette exposition car ils portent au rêve et à l’introspection, il faut compter plusieurs milliers d’euros. Et pour certaines grandes créations, on peut aller jusqu’à 30 000 euros.

Galerie Pierre-Alain Challier, « Un miroir d’obsidienne », miroir et bijoux d’artistes, jusqu’au 12 janvier 2019, 8 rue Debelleyme, 75 003 Paris, du mardi au samedi de 11h à 19h.

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Robin des arts

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