L’art c’est la vie: la collection de Marianne et Pierre Nahon en vente chez Sotheby’s

Un des plus beaux tableaux de Francis Picabia, « Melibée » devrait provoquer une belle bataille d’enchères chez Sotheby’s le 19 mars prochain.

Une partie de la collection Marianne et Pierre Nahon sera en vente chez Sotheby’s Paris le 19 mars.

Pour le grand public, Marianne et Pierre Nahon sont des inconnus. Pour les amateurs d’art moderne et contemporain, ce sont des stars. Galeristes reconnus, ils ont promu et défendu des artistes aujourd’hui célèbres parmi lesquels Arman et César. Pour la deuxième fois, ils vendent une partie de leur importante collection. La maison Sotheby’s est chargée de disperser des centaines de lots dont les plus abordables seront mis aux enchères sur Internet uniquement.

Les œuvres de grande qualité pouvant atteindre plusieurs centaines ou millions d’euros sont nombreuses. « Studies of Jacky » d’Andy Warhol, « Herr und Leander » d’Anselm Kieffer, « L’homme qui marche » de Germaine Richier, « Chaperone » de Robert Rauschenberg devraient susciter l’intérêt des collectionneurs.

Mais à feuilleter le copieux catalogue établi par les spécialistes de Sotheby’s, on ne peut s’empêcher de s’arrêter et de revenir sur deux œuvres vraiment magnifiques.

Un chef d’oeuvre de Picabia, une icône sculpturale et désincarnée

La première est un grand tableau de prêt de deux mètres de haut signé Francis Picabia. Il appartient à la série des Transparences. Par la juxtaposition, l’entrelacement et l’enchevêtrement de formes et de couleurs, l’artiste recherche la troisième dimension sans recourir à la perspective. Il en résulte une impression étrange de transparence des êtres et des choses, de féérie. Le tableau représente le visage de Melibée, héroïne d’une tragicomédie populaire en Espagne « La Célestine ». Cette dernière est une vieille entremetteuse acariâtre qui aide le jeune et beau Calixte à se faire aimer de la pure et superbe Melibée. Mais suite à une bagarre entre la Célestine et les serviteurs de Calixte, ce dernier fuit le jardin de sa bien-aimée, tombe de l’échelle dressée contre le mur et meurt. Dans le tableau de Picabia, le visage de Madone triste de Melibée est entouré, protégé par des feuillages, des branches, des aiguilles de pins. Le jardin cherche à l’éloigner des tourments de la perte de Calixte. Comme le souligne le catalogue cette transparence est « la synthèse parfaite entre l’énigme impénétrable du sujet dépeint, la virtuosité de la superposition des motifs et la puissance visuelle de la composition ». C’est un chef-d’œuvre. Ce qui justifie son estimation de 2,5 à 3,5 millions d’euros.

Francis Picabia (1879-1953) « Melibée », peint vers 1931, estimation : 2,5 à 3,5 millions d’euros. Copyright : Sotheby’s.

Le portrait relief de Claude Pascal par Yves Klein est également de grande taille. Sur un panneau de feuilles d’or, le corps nu du poète, haut-relief en bronze recouvert de la couleur bleue caractéristique de l’artiste, apparaît telle une icône sculpturale et désincarnée. Il est physiquement présent mais son apparence de statue de sel l’éloigne de nous, un peu comme si l’artiste avait voulu donner de son modèle une représentation métaphysique. Cette œuvre est estimée 300 000 à 500 000 euros.

Yves Klein (1928-1962), portrait relief de Claude Pascal, 1962, estimation : 300 000 à 500 000 euros. Copyright : Sotheby’s

Collection Marianne et Pierre Nahon, vente Sotheby’s Paris, 19 mars, exposition du jeudi 14 mars au mardi 19 mars, 76 rue du Faubourg Saint-Honoré, 75 008 Paris. Plus d’informations sur www.sothebys.com

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