« La Nature » de Mucha bientôt en vente

Un buste de jeune femme représentant la nature et réalisé par le plus grand artiste tchèque de l’Art nouveau devrait susciter un engouement certain le 28 mai prochain à Paris chez Sotheby’s.

e buste, « est une icône absolue de l’Art nouveau. Crédit: iStock.

Fin mai, chez Sotheby’s, les amateurs d’Art nouveau risquent de tomber en pâmoison devant le buste d’une jolie femme. Il s’agit d’une représentation de la nature du grand artiste tchèque Alphonse Mucha (1869-1939) qui a récemment fait l’objet d’une belle exposition au musée du Luxembourg.

L’artiste est surtout célèbre pour ses affiches multicolores, notamment celle réalisée pour Sarah Bernhardt, ses immenses tableaux de la série « L’épopée slave » d’un lyrisme époustouflant, ses fresques de la somptueuse Maison Municipale de Prague ou ses décors de la boutique du joailler Georges Fouquet.

Son œuvre sculptée est en revanche moins connue. Il est vrai que Mucha n’a produit qu’un nombre d’œuvres limité, essentiellement des bustes de jeunes créatures à la beauté idéale et sacralisée. Le buste qui sera vendu le 28 mai à Paris illustre « La Nature ».

La nature faite femme

Sept exemplaires sont à ce jour connus. L’un d’eux appartient à la collection Gillion-Crowet exposée à Bruxelles au musée Fin de Siècle. Un autre est entre les mains du collectionneur allemand Ferdinand Wolfgang Neess. Ce dernier en a fait don avec l’ensemble exceptionnel de sa collection au musée de Wiesbaden où il sera visible fin juin.

Crédit: Sotheby’s

La femme est l’image de cette nature. Son abondante chevelure rappelle les branches des arbres et les feuillages polylobés. Sa tiare et ses pendants d’oreilles illustrent le monde minéral. Son buste, au galbe parfait, pourrait symboliser la force de la vie et le renouvellement.

Les yeux clos, elle semble dormir. Elle nous fait penser à une impératrice byzantine, superbe et pourtant si froide, attirante et lointaine.

Parmi les hypothèses émises par les spécialistes, ce buste serait inspiré de «  La princesse lointaine » d’Edmond Rostand, une pièce dans laquelle un troubadour aquitain ayant chanté la beauté légendaire de cette princesse de Tripoli en tombe amoureux et, peu avant sa mort, traverse la Méditerranée pour aller à sa rencontre.

A la vue de cette superbe et inaccessible créature, un souffle de Moyen-Age sublimé, de belle dame du Temps Jadis nous fait frissonner. On se croirait dans un roman courtois.

Ce buste, comme le précise Elie Massaoutis, spécialiste de cette période chez Sotheby’s « est une icône absolue de l’Art nouveau, une œuvre majeure d’un des plus grands créateurs de la fin du XIXe siècle et du début du XXe. » Elle est estimée 450 000 à 550 000 euros.

Sotheby’s Paris, vente design le 28 mai, exposition du 24 au 27 mai, plus d’informations sur www.sotheby’s.com

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