Le piano, l’Art nouveau et Majorelle

Un exceptionnel piano conçu par deux artistes de l’école de Nancy (Majorelle et Victor Prouvé) sera proposé aux amateurs d’art et de musique le 16 mai prochain.

Avec ce merveilleux instrument à la scène dramatique, la musique devient mélancolique et triste. Crédit: iStock.

Vous aimez la musique. Vous appréciez tout particulièrement Debussy, Ravel ou Satie. Vous rêvez de jouer les gymnopédies sur un piano de la Belle Epoque. Votre souhait peut devenir réalité.

Le 16 mai prochain, la maison Tajan met en vente un exceptionnel piano demi-queue en acajou sculpté, mouluré aux marqueteries de bois fruitiers. Il est signé Louis Majorelle (1859-1926) et Victor Prouvé (1858-1943), deux figures majeures de l’Art nouveau et de l’école de Nancy.

En 1904, Louis Majorelle présente au salon de la Société Nationale des Beaux-Arts un piano qui fait sensation. Seuls quatre exemplaires sont à ce jour connus. L’un se trouve au Virginia Fine Arts Museum, le second au Musée de l’école de Nancy, le troisième non signé n’est pas localisé. C’est le quatrième qui sera présenté aux enchères sur la base d’une estimation de 150 000 à 200 000 euros. Il avait été commandé par Charles-Auguste Masson, directeur des Magasins Réunis de Nancy, grand mécène des artistes de sa ville.

Les éternelles lignes courbes et sinueuses de Majorelle

Cet instrument est caractéristique des créations de Majorelle. Ses meubles sont solides mais les lignes courbes et sinueuses, les marqueteries, les bronzes en font de vraies sculptures, des hommages à la diversité et à la richesse de la nature.


Piano de Louis Majorelle et Victor Prouvé, La mort du cygne. Mécanisme d’Erard estimation : 150 000 à 250 000 euros.

C’est le cas de cet exceptionnel piano, au mécanisme Erard. Le piétement prend la forme de branches feuillagées et les côtés du piano sont couverts d’une marqueterie au motif de cygnes l’un s’ébrouant dans l’eau d’un étang, l’autre semblant sur le point de mourir.

Le thème du cygne est répandu dans l’Art nouveau. Les formes de l’oiseau, son long cou, ses plumes blanches ne pouvaient que séduire les créateurs de l’école de Nancy, fous de courbes et de volutes.

La scène figurant sur le piano pourrait être inspirés par l’opéra Parsifal de Wagner dans lequel le héros abat un cygne, oiseau pourtant considéré comme sacré par les chevaliers.

Avec ce merveilleux instrument à la scène dramatique, la musique devient mélancolique et triste. On jouerait volontiers « Pavane pour une infante défunte » de Ravel.

Arts décoratifs du XXe siècle, Tajan, vente le 16 mai à 18 heures, Plus d’infos sur www.tajan.com

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