Les porcelaines des tsars en vente à Paris chez Sotheby’s

Il est assez rare de voir sur le marché français les plus belles pièces produites par la manufacture impériale de Saint-Pétersbourg. C’est pourquoi la vente le 25 juin prochain par Sotheby’s Paris d’un lot de porcelaines de cette manufacture mérite le détour.

La manufacture impériale de porcelaine a été fondée en 1744 par l’impératrice Elisabeth. Elle appartenait à la famille impériale qui y passait régulièrement commande. L’impératrice Catherine II a ainsi accumulé, pour ses différents palais, plusieurs services de table comprenant plus de mille pièces, des vases et des objets décoratifs d’un luxe inouï.

La qualité des pièces produites était reconnue et appréciée dans toutes les cours d’Europe et le tsar Alexandre Ier avait offert plusieurs pièces à Napoléon Ier et à l’impératrice Joséphine.

Tout au long du XIXe siècle et jusqu’à la révolution russe, la manufacture a maintenu une production exceptionnelle réservée à une élite. Après 1917; « l’usine de porcelaine d’Etat », rebaptisée manufacture Lomonossov, travaille pour la propagande communiste et produit notamment des figurines de gens du peuple aujourd’hui recherchées. Depuis le début des années 2000, elle a repris le nom de « manufacture impériale de Saint-Pétersbourg » et fabrique des pièces d’exception.

Les pièces d’exception de la vente « Vue sur la Riviera »

Les vases proposés le 25 juin appartiennent à la catégorie des pièces d’exception dignes d’orner le Palais d’Hiver ou les résidences impériales de Gatchina ou de Tsarkoïe-Selo.

C’est ainsi qu’il sera possible d’acheter une corbeille du service de la grande-duchesse Hélène Pavlovna. Fille du tsar Paul Ier, c’est sa grand-mère, la tsarine Catherine II qui lança la commande de son trousseau en 1795 en prévision de son mariage avec un prince allemand. Elle est caractéristique des goûts de la fin du XVIIIe siècle avec un décor sobre de fleurs et une forme volontairement simple. Cette pièce est estimée 15 000 à 20 000 euros.

Corbeille du service de la grande-duchesse Hélène Pavlovna. Porcelaine de la manufacture impériale de Saint-Pétersbourg, Epoque Paul Ier. Estimation : 15.000-20.000€. Crédit : Sotheby’s ArtDigital/Studio.

Un vase, commande de 1832 du tsar Nicolas Ier pour le Palais d’Hiver, est également mise en vente. Il est typique de la mode néo-gothique qui faisait fureur à l’époque. Peint de trèfles et de godrons polychromes, décoré en relief de feuilles dorées, il est marqué sous la base du chiffre impérial bleu de l’empereur. Cette merveilleuse porcelaine d’esprit Troubadour est elle aussi estimée 15 000 à 20 000 euros.

Vase néo-gothique en porcelaine de la manufacture impériale de Saint-Pétersbourg, Epoque Nicolas Ier, vers 1832. Estimation : 15.000-20.000€. Crédit : Sotheby’s ArtDigital/Studio.

Un grand vase (hauteur de 81cm) à fond rouge et à décor or et argent d’oiseaux, de poissons et de fleurs sera proposé. Il est marqué des chiffres du tsar Alexandre III et daté de 1891. Il s’agit d’un cadeau offert par l’empereur à Philip Schou, directeur de la manufacture royale de porcelaine de Copenhague. Par ce présent, le souverain voulait remercier le directeur pour l’aide apportée à la manufacture de Saint-Pétersbourg dans la maîtrise de la peinture sous glaçure. Cette pièce assez exceptionnelle est estimée 80 000 à 120 000 euros.

Vase en porcelaine de la manufacture impériale de Saint-Pétersbourg, Epoque Alexandre III. Estimation : 80.000-120.000€. Crédit : Sotheby’s ArtDigital/Studio.

Évoquons enfin un très beau vase daté 1913 et marqué aux chiffres de Nicolas II. Il est peint de délicates roses blanches aux reflets gris bleutés, entourées de feuillages. Selon une inscription au dos d’une photographie, il s’agit d’un présent de la tsarine Alexandra Feodorovna, l’épouse de Nicolas II, au comte Vladimir Borisovitch Freedericksz. Ce dernier appartenait à l’entourage de la famille de l’empereur qu’il appelait dans l’intimité mes enfants. Elevé au rang de comte le 21 février 1913 lors du tricentenaire de la dynastie pour sa fidélité aux Romanov, on peut penser que ce vase lui a été offert à cette occasion. Il est estimé 30 000 à 50 000 euros.

Epoque Nicolas II, daté 1913. Estimation : 30.000-50.000€. Crédit : Sotheby’s ArtDigital/Studio.

Vente Sotheby’s Paris, 25 juin « Vue sur la Riviera, la villa d’un collectionneur », exposition du 21 au 24 juin, www.sothebys.com

Robin Massonnaud

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Robin Massonnaud

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