Une 46e FIAC sous le signe des nouveaux défis de la planète

La Foire internationale d’art contemporain (FIAC), rendez-vous obligé du marché artistique français et mondial, accueille de jeudi à dimanche au Grand Palais 199 galeries d’art moderne, contemporain et design, venues de 29 pays, sous le signe des défis actuels, de l’environnement à l’immigration.

L’Iran y fait son entrée avec la Dastan Gallery. Et une galerie sub-saharienne (sans compter l’Afrique du Sud), Cécile Fakhoury, basée à Abidjan et à Dakar, est présente pour cette 46e édition.  

Elle s’inscrit dans un marché des enchères de « fine art » qui reste florissant dans les douze derniers mois, avec New York et Hong Kong en tête de sprint, Paris à la traîne (2,3% seulement). 21.996 artistes contemporains ont été vendus, selon un rapport d’Artprice, société leader mondial de l’information sur le marché de l’art.

Parmi les moments forts de la 46e FIAC, 38 expositions personnelles ainsi que 16 dialogues. Les Américains pèsent très lourd, avec un quart des galeries.

« Cette édition témoigne de la diversité alors que nous assistons dans notre monde à quelques signes de fermeture », observe à l’AFP Jennifer Flay, directrice artistique de cette foire devenue l’une des trois incontournables avec Art Basel et la FRIEZE de Londres.

« D’un coté, des oeuvres sont marquées par la gravité, avec les thèmes comme l’environnement -la pollution des océans–, l’immigration des Africains, le SIDA…,  d’autre part des oeuvres jouissives exprimant une forme d’allégresse informelle en contrepoint », souligne Mme Flay.

Démocratiser un art trop élitiste

Sous les verrières du Grand Palais, l’entrée n’est pas accessible à tous (38 euros), et la célèbre Nef reste investie par les galeries puissantes ayant le plus de moyens. 

Mais, comme l’an dernier, pour les stands de petite surface, la FIAC, soucieuse de ne pas prendre les petites galeries à la gorge, a décidé que le tarif serait abaissé de 5% au m2. Pour les plus grands stands, le tarif est augmenté de 2,2% en moyenne.

Comme chaque année aussi, le groupe Galeries Lafayette réserve dans une partie de l’étage supérieur, dit « secteur Lafayette », des espaces à dix jeunes galeries émergentes de sept pays, en finançant 50 % de leur présence.

Les programmes Hors les Murs, FIAC Projects et FIAC Programmes complètent avec un rayonnement dans l’espace public. « Nous ne devons pas accepter que l’art reste exclusivement l’affaire d’une élite », martèle Jennifer Flay.

Pour sa 8ème édition consécutive, FIAC Hors les Murs donne une carte blanche Place Vendôme: cette fois, c’est l’avant-gardiste japonaise de 90 ans, Yayoi Kusama, avec une citrouille géante. Un légume mal aimé dont elle vante « la forme charmante et attirante », le « solide équilibre spirituel ».

Le Petit-Palais, l’avenue Wilson, le Musée Eugène Delacroix, sont investis comme dans les éditions précédentes. Vingt-cinq sculptures et installations seront exposées aux Tuileries, Noël Dolat occupant le grand bassin dans une oeuvre à message écologique. Des projets d’architecture fleuriront place de la Concorde.

Le clou de la fantaisie reviendra à Vivien Roubaud, expert du détournement des fonctions des machines, avec « Sucre cristal n° 3 »: une usine à barbe à papa mobile répandra un mélimélo de filaments blancs. Les familles seront invitées à les déguster et à admirer ces formes fugitives et serpentines.

« Réinvestir les galeries »

Mme Flay admet que « ce n’est pas un moment d’euphorie sur le marché de l’art » pour les galeristes qui sont dans un environnement « très compétitif ». Il faut « réinvestir les galeries », plaide-t-elle.

Les grandes, Perrotin, Gagosian et autres, disposant de nombreux sites et employés dans plusieurs pays, « répondent aux besoins d’artistes ayant de grands moyens de production ». Pour les petites, notamment en province, « participer à des foires permet d’élargir leur clientèle », selon Mme Flay.  

Quant aux achats sur internet, « ils ne sont pas une vraie concurrence à notre niveau du marché, les achats plafonnant autour de 10.000 euros », assure-t-elle.

Des foires off profitent à nouveau cette année de la FIAC pour présenter d’autres perspectives alternatives, comme Galeristes 2019 au Carreau du Temple, ou l’Outsider Art Fair à l’Atelier Richelieu. Une offre multiple et souvent hors-normes qui rencontre du succès.

Rédaction Mieux Vivre avec AFP

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Mots-clés : Art et placementFiac

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