Fine Arts Paris : un jeune salon déjà au top

A Paris, le Carrousel du Louvre n’a pas les faveurs des collectionneurs fréquentant les salons d’antiquaires et les grandes manifestations artistiques. Ils préfèrent souvent déambuler sous la verrière du Grand Palais même s’il y fait un froid de canard en hiver et qu’au moindre rayon de soleil on a l’impression d’évoluer dans un four.

Pourtant, ils auraient tort de se priver d’un passage au Carrousel pour y découvrir Fine Arts Paris, un jeune salon créé il y a trois ans. Au début, il accueillait exclusivement des galeristes présentant des tableaux et des sculptures.

L’an dernier, on y trouvait une plus grande diversité d’époques et de styles grâce notamment à la présence de galeries étrangères. Cette année, de nouveaux venus comme Gilgamesh et Cahn International présenteront des objets d’archéologie alors que la galerie Chevalier exposera des tapisseries du XVIIe, XVIIIe siècle et début du XXe, mais également les œuvres de Mathieu Ducournau qui, à l’aide d’un travail d’aiguilles et de fils teintés, créée des tableaux textiles d’un grande finesse.

Le Paradis terrestre, tapisserie d’après un carton de marc du Plantier (1901-1975), 1939, probablement Aubusson, atelier inconnu, Galerie Chevalier

Le nombre des exposants est de 46, contre 36 l’année passée, loin du foisonnement des grandes foires comme la Tefaf de Maastricht qui s’enorgueillit de plus de 200 participants ou de la Brafa de Bruxelles et ses 140 exposants. Mais la qualité est bien là, le visiteur ayant l’impression de découvrir plusieurs cabinets d’amateurs. Le choix est vaste.

Georges-Lucien Guyot (1885-1973), « Tête de lionne », galerie Eeckhout

La galerie Sarti propose ainsi un bel ensemble de primitifs italiens, Xavier Eeckhout une sélection toujours pointue de sculptures animalières avec notamment une magnifique tête de lionne par Georges Lucien Guyot qui occupait l’atelier de Picasso au Bateau-lavoir.

Et l’on peut poursuivre ainsi avec Van Der Meij Fine Arts d’Amsterdam et ses tableaux d’artistes des écoles du Nord, Gilgamesh et ses céramiques grecques anciennes, Callisto Fine Arts qui dévoile un très beau pastel du peintre italien Antonio Mancini, l’un des plus prestigieux représentants du mouvement pictural des Macchiaioli.

Laurits Andersen Ring (1854-1933), Femme au balcon, 1912, Van Der Meij Fine Arts
Antonio Mancini (1852-1930), portrait de femme Callisto Fine arts

Ou encore Brame et Lorenceau et un délicat dessin de jeune fille par Balthus et Rafael Valls Ltd qui expose une scène de plage avec pêcheurs, typique de l’œuvre de l’espagnol Joaquin Sorolla. Il ne faut pas non plus oublier la galerie Sismann et sa sélection très pointue de sculptures, Canesso et un merveilleux portrait d’astronome par Maria Pretti, de Bayser et un fascinant fusain d’Odilon Redon représentant un homme pensif et une sphère, l’Univers du bronze et un buste du Prince Impérial par Carpeaux ou encore Toninelli et une belle sélection d’œuvres de Roberto Matta…

Charles-André Deseine (1740-1823), buste de jeune femme, vers 1785-1795, galerie Sismann
Mattia Pretti (1613-1699), L’astronome à la sphère armillaire, galerie Canesso

Les prix affichés sont assez soutenus mais n’ont rien d’excessifs d’autant plus que la négociation reste toujours possible. De plus, on trouve des œuvres de très belle qualité pour quelques milliers d’euros. Le mieux qu’on puisse vous conseiller c’est de vous rendre sur place et de craquer si vous en avez envie.

Et si vous n’achetez pas vous pourrez vous émerveiller devant une sélection de belles pièces présentées par La Piscine, le musée de Roubaix conçu dans une ancien établissement de bains de style Art déco.

Quant à l’avenir de Fine Arts Paris, il est radieux. L’an prochain, le salon s’installera aux Invalides ce qui lui permettra d’accueillir près de 70 participants et de poursuivre son ouverture sur des secteurs non représentés aujourd’hui comme le mobilier et les arts décoratifs. En somme, Fine arts Paris se veut une alternative de prestige à une Biennale qui perd en qualité et en substance.  Qui l’emportera aux yeux des amateurs et du marché ? J’ai bien une idée mais je me contenterai de vous dire que Fine Arts Paris bénéficiera du soutien actif de Connaissance des Arts, qui appartient au groupe LVMH. On peut être certain que ce mensuel, véritable outil de référence pour tous les amateurs d’art, ne s’engage pas à la légère dans ce partenariat.

Fine Arts Paris, jusqu’au 17 novembre, Carrousel du Louvre, rue de Rivoli 75 001 Paris. Prix d’entrée : 15 euros avec le catalogue. Renseignements : finearts-paris.com

Robin Massonnaud

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Mots-clés : Robin des arts

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