Fernand Khnopff, un grand artiste belge à Paris

Le Petit Palais consacre une belle rétrospective au symboliste belge Fernand Khnopff. Elle ferme ses portes dimanche. Profitez du week-end pour la découvrir

150 œuvres présentées au Petit Palais dans le cadre de la rétrospective de Fernand Khnopff jusqu'au 17 mars.

Le 17 mars à 18 heures, l’amateur d’art que vous êtes aura un regret. Vous n’aurez pas vu les 150 œuvres présentées au Petit Palais dans le cadre de la rétrospective consacrée au plus célèbre des symbolistes belges Fernand Khnopff (1858-1921). Elle mérite pourtant de lui consacrer une partie de vos loisirs du week-end.

Dans une scénographie très réussie, la première salle reconstitue le vestibule de la maison-atelier de l’artiste, reflet de son étrange personnalité. Ce mausolée n’était accessible qu’à un public d’initiés. On y déclamait les poèmes de Mallarmé ou de Verhaeren. On y écoutait du Schumann ou du Debussy et l’atelier de l’artiste s’apparentait à un sanctuaire interdit au tout venant.

Dans cette atmosphère proche de l’ascèse religieuse, Khnopff dessinait, peignait, retravaillait des photos qu’il rendait immatérielles à l’image des pictorialistes.

La femme est omniprésente dans son œuvre. Le modèle qu’on retrouve d’un tableau à l’autre, d’un dessin à l’autre est sa sœur Marguerite avec laquelle il entretient une relation fusionnelle au point qu’on prononce à voix basse le mot d’inceste. Elle figure dans de sages et chastes portraits, dans des images proches du fantastique, de la mythologie ou de l’imaginaire chrétien, dans des représentations d’Hypnos, dieu du sommeil qui fascinait l’artiste. Son visage est toujours grave, sa carnation éburnéenne, son sourire à peine esquissé énigmatique, ses yeux perdus dans l’immensité du vide. Elle apparait telle une déesse attirante, fascinante et pourtant lointaine, inaccessible.

Fernand Khnopff, « Portait de Marguerite Khnopff », 1887, huile sur toile. Crédit: Fondation Roi Baudouin. F Maes, Musées royaux des Beaux-Arts

L’exposition présente également toute une série de portraits d’enfants sages, bien mis, l’air sérieux, la posture étudiée. Ils sont si sages qu’ils pourraient en devenir inquiétants. Pourtant il émane de ces délicats portraits une impression de fragilité, de douce mélancolie comme s’ils étaient forcés à entrer dans le monde des adultes les éloignant ainsi de la douceur rassurante de l’enfance.

Fernand Knopff, « Portrait des enfants de monsieur Nève », 1893, collection particulière, crédit ; Akg images

Le visiteur pourra également se noyer dans les paysages brumeux et sombres de l’artiste. Le plus souvent, il dépeint Bruges, ville de son enfance. La cité semble abandonnée, vide d’habitants. L’atmosphère est crépusculaire, mortifère, énigmatique et mélancolique. Il se dégage de ces représentations des canaux et anciens bâtiments de la cité flamande une poésie obsédante et désenchantée qui vous entraine dans les tourments de l’âme.

Fernand Khnopff, « Souvenir de Flandres, un canal », 1904n craie et pastel sur papier. Crédit : The Hearn Family Trust, New York

Ne manquez pas cette exposition. La peinture rêveuse de Fernand Khnopff est unique, à la croisée des préraphaélites anglais et des grands noms de la Sécession viennois.

Vous avez tout le week-end pour la découvrir.

« Fernand Khnopff, le maître de l’énigme », Petit Palais, avenue Winston-Churchill, 75 008 Paris, jusqu’au 17 mars de 10h à 18h. Plus d’informations sur www.petitpalais.paris.fr

Sur le même thème

Expositions à ne pas manquer Fernand Khnopff Robin des arts

Ne manquez rien de l'actualité

Réactions et commentaires

Sur la même thématique