Vente londonienne de peinture ancienne, des prix élevés mais raisonnables

De Rembrandt à Brueghel en passant par Van Dyck et le maître de Sainte Véronique, cinq adjudications pour quatre artistes démontrent que les peintres anciens sont plus accessibles que nos stars contemporaines.

Pierre Brueghel le Jeune, « Paysage d’hiver avec patineurs », Prix : 1 091 252 euros. ©Sotheby’s images limited

Aujourd’hui,collectionner les œuvres majeures de l’art moderne et contemporain est devenu le privilège des ultra-riches. Peu nombreux sont en effet ceux qui peuvent acheter un David Hockney pour un peu plus de 90 millions de dollars, un Picasso pour 115 millions ou un Basquiat pour 110,5 millions de dollars. Seuls les milliardaires y ont accès.

La peinture ancienne est beaucoup plus accessible. Certes, il faut là encore avoir de solides moyens si l’on veut devenir l’heureux propriétaire d’un chef-d’œuvre. Il suffit seulement d’être multimillionnaire !

Les ventes de tableaux anciens orchestrées le 5 décembre dernier par Sotheby’s à Londres en attestent.

Rembrandt van Rijn, « Etude de tête de jeune homme aux mains jointes, à l’image du Christ en prière ». Prix : 10 665 921 euros. ©Sotheby’s images limited

La vente du soir qui comprenait 36 lots comportait ainsi de vraies pépites. Parmi elles, une étude de Rembrandt (1606/1607-1669). Il s’agit d’une tête de jeune homme aux longs cheveux, les mains jointes à l’image du Christ en prière. Tout dans cette petite huile sur panneau frôle la perfection. On retrouve les couleurs de l’artiste, l’expressivité des visages, la virtuosité de la composition. Bref, il s’agit d’une œuvre magnifique. Pour l’obtenir, il fallait tout de même investir 10 665 921 euros. Certes c’est un grosse somme mais si on la compare aux tableaux des artistes contemporains, c’est donné. Car il ne faudrait pas oublier que Rembrandt est un peintre essentiel, une des plus grandes figures de l’histoire de l’art !

Antoine Van Dyck, portrait de Charles II, alors prince de Galles adjugé 2 947 506 euros et portraite de Mary, Princesse Royale et Princesse d’Orange par l’artiste et son atelier vendu 888 752 euros. ©Sotheby’s images limited

Van Dyck (1599-1641) est lui aussi un des grands artistes du XVIIe siècle, un portraitiste de génie. Ses œuvres ne sont pas inatteignables pour les bourses bien garnies. Un portrait du Prince de Galles, le futur Charles II s’est vendu 2 947 506 euros alors que celui de sa sœur, la Princesse Mary a plafonné à 888 752 euros, un montant raisonnable qui s’explique par le fait que le tableau a été réalisé par Van Dyck et son atelier.

Maître de Sainte Véronique ; « Vierge à l’Enfant en majesté », Prix : 1 766 253 euros. © Sotheby’s images limited

Les Primitifs ressemblent à de véritables icônes à la gloire de la Chrétienté. Ils intéressent un public relativement restreint mais passionné d’amateurs. Sotheby’s proposait ainsi un splendide triptyque du Maître de Sainte Véronique, peintre anonyme actif à Cologne au tout début du XVᵉ siècle, vraisemblablement entre 1395 et 1415, voire 1420.Il représente la Vierge et l’Enfant Jésus en majesté dans une mandorle. Autour d’eux on voit Dieu le Père, des anges, plusieurs Saints et Saintes. Ce tableau, digne d’un musée, a atteint 1 766 253 euros.

Pierre Brueghel le Jeune, « Paysage d’hiver avec patineurs », Prix : 1 091 252 euros. ©Sotheby’s images limited

Citons enfin une œuvre de Pierre Brueghel le Jeune (1564/1565-1636), le peintre flamand par excellence. Surnommé Brueghel d’Enfer, en raison de l’un de ses thèmes favoris, les incendies, il est également connu pour ses paysages d’hiver montrant de joyeux patineurs. C’était le cas de ce lot emporté par un collectionneur européen pour la somme de 1 091 252 euros.

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