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Coronavirus : le marché automobile européen à l’arrêt

Selon les données de l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA), 567.000 voitures particulières neuves ont été vendues dans l’Union européenne au mois de mars, soit un recul de 55,1%. Les constructeurs demandent aux gouvernements européens de mettre en place les conditions nécessaires à un redémarrage progressif de l’activité.

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Crédit: iStock.

Le marché automobile européen a chuté de 55,1% au mois de mars, essentiellement affecté par la fermeture des concessionnaires à cause du confinement lié au coronavirus dans de nombreux pays, selon les données de l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA).

Quelque 567.000 voitures particulières neuves ont été ainsi vendues dans l’Union européenne.

La chute est spectaculaire sur les quatre principaux marchés, avec un effondrement de 85,4% en Italie, de 72,2% en France et de 69,3% en Espagne, l’Allemagne limitant un peu les dégâts (- 37,7%).

Sur les trois premiers mois de l’année, la baisse du marché automobile atteint désormais 25,6% dans l’Union européenne. Elle est même de 35,5% en France.

Le marché avait déjà subi en début d’année le contrecoup d’immatriculations anticipées à la fin 2019, d’une part pour écouler des véhicules polluants avant l’entrée en vigueur de plafonds européens de CO2 contraignants pour les constructeurs, d’autre part pour esquiver un alourdissement de la fiscalité automobile dans plusieurs pays dont la France à partir du 1er janvier.

La pandémie de coronavirus est venue empirer la situation. « Avec les mesures de confinement décidées sur la plupart des marchés à partir d’à peu près la moitié du mois, la vaste majorité des concessionnaires européens étaient fermés pendant la seconde moitié de mars », a rappelé l’ACEA dans son point mensuel.

Un redémarrage progressif espéré

L’Association des constructeurs n’a pas fait de nouvelles prévisions pour le reste de l’année. Il faut dire que les ventes d’automobiles dépendront beaucoup de la durée du confinement, encore incertaine, dans les différents pays.

Le 1er avril, le Comité des constructeurs français d’automobiles (CCFA) disait tabler désormais sur une baisse de 20% du marché français cette année. « Même en cas de reprise forte » après le confinement, « on ne pourra pas rattraper complètement (la) baisse considérable » du mois de mars, et celles d’avril et de mai qui se profilent déjà pour les mêmes raisons, expliquait alors à l’AFP François Roudier, porte-parole du CCFA.

En France, la fin du confinement n’est pas prévue avant le 11 mai, et le CCFA a demandé au gouvernement de « réunir dès que possible les conditions nécessaires à un redémarrage progressif de l’activité », en autorisant notamment la vente de véhicules neufs et d’occasion.

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L’ACEA estimait de son côté qu’au moins 1,14 million de personnes employées dans l’industrie automobile – dont la moitié en Allemagne et 90.000 en France -, sur 2,6 millions au total, étaient affectées par les fermetures d’usines en Europe (Royaume-Uni compris). Avec les emplois indirects, la filière emploie dix fois plus de personnes.

L’Association des constructeurs demande désormais un soutien paneuropéen pour « un redémarrage coordonné de activités et des investissements pour l’ensemble de la chaîne logistique » de l’industrie automobile, un soutien à la reprise du marché, plus de flexibilité dans l’autorisation des véhicules de dernière génération et une accélération du déploiement des points de recharge pour les véhicules électriques.