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Comment les pays émergents font face à la troisième vague de l’épidémie ?

Les pays émergents subissent la troisième vague de l’épidémie de Covid-19. Quels sont les pays les plus touchés ? La réponse des institutions internationales est-elle à la hauteur ? Quelles sont les actions et les marchés qu’il faut privilégier ? Ce sont à toutes ces questions que les responsables des marchés émergents chez Amundi répondent.

Dans une note détaillée, les responsables des marchés émergents chez Amundi ont fait le point sur l’impact et les conséquences de la pandémie sur les marchés émergents.

Les pays les plus touchés et les impacts économiques

Les experts d’Amundi notent en préalable qu’« après la première vague de l’épidémie de Covid-19 en Chine et en Asie de l’Est, et la deuxième vague en Europe occidentale et en Amérique du Nord, une troisième vague semble maintenant se former dans plusieurs pays émergents et frontières. Parmi eux, en termes de courbe d’infection, la Turquie, le Brésil et la Russie semblent être les plus touchés, suivis de l’Inde et du Pérou ».

« Cela dit, à ce stade, tempèrent-ils, le nombre de morts reste faible par rapport aux niveaux enregistrés dans les pays développés », tout en déplorant néanmoins que « la plupart des pays émergents n’ont pas de systèmes de santé bien équipés et manquent de ressources pour faire face à une urgence sanitaire ».

Conséquence, leur diagnostic est sans appel : « Covid-19 aura des effets négatifs très importants sur les perspectives économiques des marchés émergents, en raison à la fois des mesures de confinement prises pour empêcher la propagation et de chocs externes résultant d’une demande étrangère et de flux touristiques plus faibles. Ce qui entraînera principalement des récessions ».

Selon eux, le facteur primordial à surveiller sera la durée pendant laquelle les mesures de confinement devront rester en place. Il faudra aussi être attentif au risque d’une deuxième vague de propagation du virus une fois que les mesures seront progressivement levées.

Les actions des autorités internationales et du FMI

Les auteurs de la note saluent les actions des autorités internationales, telles que le FMI et la Banque mondiale, qui sont intervenues rapidement pour soutenir les économies émergentes. « Par exemple, le FMI a reçu près de 100 demandes de décaissements ou d’allégement de dette au cours des dernières semaines et il les traite rapidement », indiquent-ils.

Le FMI dispose de plusieurs outils dans son portefeuille, dont les droits de tirage spéciaux (DTS), mais aussi de différentes lignes de crédit.

« Dans le contexte actuel, le problème concerne davantage l’augmentation de la capacité de prêt que la disponibilité de différents instruments, indiquent les experts. Ce que le FMI essaie de faire, c’est de réorganiser ses instruments pour augmenter les ressources disponibles ».

Enfin, les experts d’Amundi reviennent sur un point récemment évoqué par la communauté internationale. L’allégement ou l’annulation de la dette des pays émergents, en mettant en avant le rôle de la Chine pour en évaluer l’impact.

« Au cours des dernières années, la Chine est devenue un créancier plus pertinent pour les petites économies (riches en ressources) du monde entier. Lorsque nous parlons d’allégement de la dette, nous ne devons pas sous-estimer l’importance de ce créancier non institutionnel et la nature commerciale de ses prêts. Cela peut être considéré comme une limite à l’efficacité des initiatives du FMI et une contrainte pour obtenir plus de ressources par les Etats-Unis » indiquent-ils.

Leurs principales convictions sur les actions des marchés émergents

En ce qui concerne les actions, les experts du gestionnaire d’actifs se montrent relativement défensifs « préférant les pays dotés de leviers budgétaires (certaines économies asiatiques, comme la Chine) car mieux placés pour faire face à des déficits croissants pour soutenir la croissance ».

Leur préférence va aux pays dotés de solides marchés domestiques, « susceptibles de faire preuve de résilience pendant ces périodes de faible activité économique ».

En revanche, la prudence est de mise selon eux sur les histoires liées aux produits de base, à l’exportation et au tourisme, comme les pays d’Amérique latine par exemple.

« La Russie reste une histoire de conviction à long terme, jugent-ils, elle se redressera dès que le prix du pétrole remontera ».

Enfin, parmi les secteurs, les experts d’Amundi possèdent une « forte conviction sur la technologie et l’informatique », et ils regardent de manière temporaire « les valeurs cycliques en Asie à la lumière de l’amélioration constatée là-bas concernant la propagation de Covid-19 ».