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Bercy revoit à la baisse ses prévisions de récession pour l’année 2020

La récession économique sera moins forte que prévu, selon le gouvernement : il table sur une baisse de 10% cette année et sur un rebond de 8% de l’activité en 2021.

prélèvement à la source

Le ministre de l’Economie, des Finances et de la Relance lance un message optimiste : Bruno Le Maire annonce dans un entretien aux Echos que « la récession sera moins forte que prévu » en 2020. En effet, la baisse de l’activité serait de 10% cette année au lieu des 11% prévus initialement par Bercy, qui reconnaît que sa prévision est « moins optimiste que celles de la Banque de France ou de l’Insee ». La BdF parle d’une contraction du PIB de 8,7% en 2020 dans son dernier rapport de septembre. Au niveau mondial, les dernières prévisions de l’OCDE parlent d’une récession moins forte que prévu : 4,5% du PIB en 2020, avec un rebond de 5% l’an prochain, un peu moins que les prévisions précédentes. En France, le gouvernement reste sur les chiffres déjà annoncés : « Pour 2021, nous maintenons notre prévision d’un fort rebond de 8% », précise le ministre de l’Economie jeudi 17 septembre, estimant que « les 470 milliards d’euros mis sur la table dès le printemps par le gouvernement ont protégé efficacement l’économie française ». Environ 10% du plan de relance serait décaissé d’ici la fin 2020, selon Bruno Le Maire.

Toutefois, l’impact du plan de relance et des mesures du Ségur de la santé pèsent sur les prévisions de déficit de 2021. « Nous allons rester dans une situation très dégradée », reconnaît Olivier Dussopt, « même si les chiffres seront un peu moins vertigineux ». En effet, le ministre délégué aux Comptes publics précise que le niveau de déficit reflue à 6,7% du PIB l’an prochain, soit « un niveau supérieur aux prévisions de juillet (-5,5%) ». La dette s’élèverait à 117,5% du PIB, contre 120,9% prévus en juillet. Par ailleurs, Bruno Le Maire tient à préciser que cette dette devra être remboursée, « grâce à la croissance, à la maîtrise des finances publiques et à la poursuite des réformes de structure ». Le ministre de l’Economie, des Finances et de la Relance fait référence à la réforme d’Action Logement et à celle des retraites. En 2021, le gouvernement prévoit de faire passer une loi pour rembourser sur vingt ans la dette Covid contractée par l’Etat.

Baisse des impôts de 44 milliards d’euros depuis 2017

Concernant les impôts, le patron de Bercy a une nouvelle fois affirmé qu’ils ne seront pas augmentés. « Depuis 2017, nous avons baissé les impôts de 44 milliards d’euros », précise encore aux Echos Bruno Le Maire, soit « la plus forte baisse d’impôt en France depuis vingt ans ». Cependant, le ministre de l’Economie soulève que le taux de prélèvement obligatoire reste « 10 points au-dessus de la moyenne de l’OCDE ». En effet, il représentait « 44,1% du PIB en 2019 et (il) va remonter cette année à 44,8%, parce que le PIB se contracte très fortement, davantage que les recettes, ce qui est un phénomène assez classique », ajoute le ministre délégué aux Comptes Publics, dans le même entretien. Olivier Dussopt table sur « un taux de prélèvements obligatoires de 43,8% du PIB l’an prochain, grâce notamment aux baisses massives des impôts de production ».

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Par ailleurs, le ministre de l’Economie, des Finances et de la Relance a confirmé que les aides à l’achat de véhicules électriques seraient reconduites en 2021, sans en préciser les modalités. « Nous verrons à quel niveau mais notre politique sera poursuivie », annonce Bruno Le Maire au quotidien économique. Il souligne le succès de la mesure entamée en 2020 : selon lui, trois fois plus de véhicules électriques ont été vendus cette année par rapport à 2019.