Investir dans des projets écolos, c’est juqu’à 5% de rendement

Parc d’éoliennes, ferme apicole, agriculteur bio… Vous pouvez soutenir l’économie locale tout en profitant, dans certains cas, de rendements intéressants.

Le financement participatif a le vent en poupe.©iStockPhoto

Le financement participatif a le vent en poupe. Selon le dernier baromètre publié par l’association
Financement participatif France (FPF) et KPMG, 233,8 millions d’euros ont été récoltés en 2016,
contre 166,8 millions en 2015. Soit une hausse de 40 %. Une belle progression qui confirme que ce mode de collecte de fonds via Internet séduit de plus en plus les particuliers.

Parmi les thématiques porteuses, les énergies renouvelables suscitent un intérêt croissant avec la multiplication de plates-formes dédiées : AkuoCoop, Enerfip, Lumo… Le secteur profite de la loi de transition énergétique du 17 août 2015, qui incite les producteurs à associer le grand public au financement de leurs investissements.

Diminuez les risques

Pour accélérer le mouvement, un label (« financement participatif pour la croissance verte ») vient d’être créé et commencera à être attribué avant la fin de l’année. Co-élaboré par le ministère de
l’Environnement et FPF, il a pour vocation d’orienter l’épargne des Français vers la transition énergétique avec trois exigences : sélection rigoureuse des projets, transparence de l’information
et contrôle strict des impacts. 

Pour investir dans le vert, vous avez le choix entre du don, du prêt ou de la prise de participation au capital. Afin de faire fructifier votre épargne, tournez-vous vers ces deux dernières options, en ayant conscience des risques, car les capitaux investis ne sont pas garantis et vous ne pourrez pas récupérer vos fonds avant plusieurs mois ou années.

Grégoire Colombet, associé de Novafi, un portail spécialisé, préconise quelques règles de bon sens :
assurez-vous du sérieux de la plateforme en vérifiant son agrément sur Orias.fr, le registre des professions financières réglementées ; appuyez-vous sur les retours d’expérience de la communauté et consultez les statistiques affichées par les sites pour trier les projets ; diversifiez votre mise (mieux vaut placer 10 fois 100 euros sur divers projets plutôt que 1 000 euros sur un seul). A ces conditions, vous pourrez espérer 5 % de rendement en moyenne.


Choisissez votre plate-forme participative

Dons, le mécénat 2.0
Le crowdfunding par le don peut s’assimiler à du mécénat en ligne. Par le biais de plates-formes spécialisées ou généralistes, le donateur aide financièrement l’initiative de son choix et, en contrepartie, il pourra recevoir un avantage en nature : produit, réduction… La formule fait recette. 

En 2016, selon FPF, la collecte par dons a totalisé 68,6 millions d’euros, en progression de 37 % sur un an. Soit autant que le financement en capital. Côté environnement, vous pourrez apporter vos fonds à des projets ancrés localement et correspondant à des besoins spécifiques, comme le financement d’un chai d’élevage pour des vignerons bio (rétribution sous forme de bouteilles). Ou soutenir des causes écologiques telles que la préservation des océans. Le ticket d’entrée est bas (à partir de 5 euros) et, si l’objectif de collecte n’est pas atteint, vous récupérerez votre contribution. A noter : pas de défiscalisation possible, sauf si le porteur de projet est une structure à but non lucratif (en cas de don avec contrepartie, la valeur de cette dernière ne doit alors pas dépasser le quart du montant du don, avec un maximum de 65 euros par an).
Adresses: Blue Bees, Ekosea,
Fundovino, Kisskissbankbank,
Miimosa, Ulule, Zeste
Risque: faible

Prêts, un crédit pour l’environnement
En choisissant ce type de financement participatif, vous accordez un prêt, au même titre qu’une banque, à des entreprises (PME/TPE) engagées dans la transition énergétique et le développement durable. Si la plupart des sites proposent des dossiers liés à l’environnement parmi un panel de projets variés, d’autres, comme Lendosphere et Enerfip, sont entièrement consacrés à l’investissement vert. Vous pouvez prêter à partir de 10 euros et jusqu’à 2 000 euros pour un prêt avec intérêt, 5 000 euros pour un prêt non rémunéré.

Les montants récoltés permettent ensuite de financer le développement de sociétés vertes. Si le projet est viable, vous êtes remboursé chaque mois avec, en plus, les intérêts, qui peuvent avoisiner les 4 ou 5 %. Côté fiscal, votre prêt est soumis aux prélèvements sociaux et à la taxe sur les valeurs mobilières. Mais vous pouvez déduire les pertes générées des sommes perçues sur d’autres prêts de même nature. Seuls vos gains nets sont donc taxés.
Adresses: Enerfip, Lendopolis, Lendosphere, Lumo
Risque: moyen

Investissements en capital, du soutien aux PME
L’investissement en capital vous permet de devenir actionnaire de l’entreprise financée dès lors que la collecte atteint ses objectifs. Soit directement, soit via un holding qui regroupe tous les investisseurs et fait office d’interlocuteur de l’entrepreneur.

Pour réaliser votre placement vert, vous pouvez opter pour une plate-forme généraliste : les projets environnementaux sont présentés parmi d’autres secteurs d’activité. Ou bien privilégier une interface spécialisée. La plate-forme Enerfip, par exemple, – accessible dès 10 euros – est entièrement dédiée au secteur vert. Tout comme Lumo qui met à disposition des épargnants de l’investissement en capital et du prêt. Ainsi, à partir de 100 euros, vous contribuez au développement de parcs éoliens, hydrauliques ou photovoltaïques avec l’espoir de percevoir des gains (en moyenne de 4 à 8 %). Vos dividendes et plus-values sont soumis à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux. Attention, la production d’électricité d’origine photovoltaïque et celle générant des revenus garantis du fait d’un
tarif réglementé de rachat ne donnent pas lieu à réductions fiscales.
Adresses: Enerfip, Lumo, Wiseed, Tudigo (ex-Bulb in Town)
Risque: important

Sur le même thème

financement participatif

Ne manquez rien de l'actualité

Réactions et commentaires

Sur la même thématique