Le niveau réel des frais cumulés sur un produit de gestion collective, comme les Sicav, est souvent difficile à appréhender pour un épargnant. C’est pourquoi l’Autorité des marchés financiers (AMF) a analysé les chiffres disponibles dans les documents d’information clé pour l’investisseur (Dici).

Elle a passé au crible les frais d’un peu plus de 8000 fonds, principalement distribués auprès du grand public en France. Dans son rapport, publié sur Amf-france, le gendarme de la Bourse dévoile des données bien utiles à l’investisseur.

Il établit, en effet, les niveaux de frais moyens pour chaque catégorie de Sicav. Un outil utile comparer ses propres produits en portefeuille. Les sociétés de gestion tenues à plus de transparence

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Pas de modalités de calcul communes

L’AMF constate que 148 fonds présentent des charges beaucoup plus élevées que leurs concurrents. La majorité facture des commissions de mouvement lorsque leur gérant achète ou vend des titres en portefeuille. Ce qui relève le niveau des frais courants indiqués aux investisseurs. D’autant que ces prélèvements s’appliquent à chaque transaction. Ils s’ajoutent aux frais de gestion et à la commission de surperformance, lorsque le gérant bat son objectif.

L’Autorité s’intéresse à ces commissions et estime qu’elles peuvent induire des inégalités de traitement entre porteurs, puisqu’elles sont prélevées sur un actif commun sans tenir compte des souscriptions et rachats intervenus.

Autre regret : il n’existe pas de méthodologie commune pour leurs modalités de calcul entre les compagnies ou d’un pays européen à l’autre. Ce rapport de l’AMF intervient dans un contexte où les épargnants sont de plus en plus attentifs au niveau des frais. Rappelons que la directive européenne sur les marchés d’instruments financiers (MIF 2) est entrée en vigueur au mois de janvier 2018.

Désormais, les sociétés de gestion sont tenues de mieux informer leurs clients, afin de leur proposer des produits correspondant à leur profil d’investisseur. Le tout, en adoptant une transparence optimale sur les frais qui en découlent. Le sujet n’est pas près de se tarir.