Les Français sont les champions de l’épargne de précaution. Si ce n’est plus une surprise pour beaucoup, une étude de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) apporte un éclairage supplémentaire à ce constat : une partie du bas de laine des Français est consacré à couvrir le risque de chômage. Le nombre de personnes sans emploi a pourtant reculé en 2017. D’après les statistiques de l’INSEE, il est passé de 9,4 % à la fin du second trimestre à 8,6 % à la fin de l’année. Mais les Français n’en demeurent pas moins rassurés. Selon l’enquête, les ménages actifs épargnent 600 euros chaque année pour se prémunir d’une perte d’emploi.

Ce montant peut paraître dérisoire. Mais lorsqu’on le multiplie par le nombre de ménages concernés en France – soit « environ 23 millions » selon Céline Antonin, l’auteure de l’étude – il représente plus de 13 milliards d’euros mis de côté chaque année ! Cela correspond à « un surplus d’épargne annuel de 6,3 %, soit 1,6 % du revenu disponible brut annuel » précise l’étude. Quant à la part du patrimoine de précaution liée à l’incertitude sur le revenu futur, elle se situe autour de 7 % de la richesse globale. Ces sommes viennent en majorité alimenter les quelques 251,7 milliards d’euros détenus sur les 55 millions de livrets A des Français, au lieu d’être injectées dans l’économie.

Les plus riches et les plus pauvres épargnent peu

Autre enseignement de l’enquête, le niveau de revenu des Français a bel et bien un impact sur les montants épargnés. D’après l’observatoire, « les 20 % de ménages les plus pauvres et les 20 % de ménages les plus riches accumuleraient peu d’épargne de précaution ». Les premiers ne possédant généralement qu’une faible capacité d’épargne, tandis que les seconds, plus diplômés, font face à une probabilité plus faible de se retrouver sans emploi. Ils ont donc une « vision plus sereine du risque de chômage » souligne l’étude. Les plus impliqués dans la constitution d’une épargne pour face aux coups durs restent donc les classes moyennes avec un revenu intermédiaire. Elles y consacrent plus de 11 % de leur patrimoine total. Soit le plus fort taux d’épargne en fonction de leurs revenus.