Mettre de l’argent de côté pour faire face à de futures dépenses sur un livret : rien de plus légitime. Cette poche servira à régler vos impôts, remplacer le lave-linge défectueux, réparer votre voiture ou, tout simplement, partir en vacances. Conserver des liquidités est donc indispensable mais, malheureusement, peu rémunérateur. Ainsi, 5 000 euros placés pendant un an vous rapporteront entre 35 euros et une centaine d’euros selon le produit choisi.

Au bout d'un an, combien rapportent 5.000 euros placés sur un livret A ?🤔 ⤵️

Publiée par Mieux Vivre Votre Argent sur Mercredi 13 juin 2018

Toutefois, même si le gain est presque symbolique, mieux vaut isoler votre trésorerie dans une enveloppe dédiée, qui rapporte un peu, plutôt que de la laisser dormir sur votre compte courant, dans lequel vous serez tenté de puiser. Qu’il s’agisse des livrets réglementés ou fiscalisés, des comptes à terme ou du plan d’épargne logement (PEL), la large palette de placements sans risques a été victime de la forte baisse des taux d’intérêt à court terme ces dernières années. Qui plus est, plusieurs récentes réformes et décisions prises par le Gouvernement sont venues rebattre les cartes. Le moment est donc opportun pour faire le tri et rationaliser votre épargne de précaution.

L’inflation annule la rémunération du livret A et du LDDS

Le produit incontournable reste le livret A. Ce placement détenu par 55,8 millions de particuliers, selon l’Observatoire de l’épargne réglementée, est peu rémunérateur : 0,75 % depuis le 1er août 2015. Mais il est exonéré à la fois d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, tout comme le livret de développement durable et solidaire (LDDS, ex-Codevi).

Pour l’heure, aucun suspense : le Premier ministre, Edouard Philippe, a assuré que le taux du livret A serait maintenu à 0,75 % jusqu’en 2020 afin de stabiliser les conditions de financement des bailleurs sociaux (une partie des montants placés est mise au service de la construction de logements sociaux). Un niveau inférieur à l’inflationattendue à 1,20 % cette année. Autrement dit, si le livret A demeure le réceptacle naturel de votre épargne à très court terme, vous vous appauvrissez en y déposant vos liquidités puisque son taux ne couvre même pas la hausse des prix !

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Pour mémoire, le taux du livret A est fixé par Bercy sur proposition de la Banque de France. Il s’agit d’une décision politique qui, par le passé, s’est souvent éloignée de la simple application de la formule de calcul pour déterminer la rémunération du livret. Même si celle-ci est pourtant fixée par l’Etat. Et le Gouvernement souhaite de nouveau la revoir ! En 2020, une nouvelle méthode, basée sur la moyenne de l’inflation et des taux d’intérêt, devrait s’appliquer, assortie d’un niveau plancher à 0,50 %, selon le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire. En soi, cela ne devrait pas bouleverser la donne. Mais même à 0,75 %, le livret A (plafond de 22 950 euros) et le LDDS (12 000 euros) restent, cette année encore, les mieux-disants. Car aucun placement aussi liquide et garanti ne rapporte davantage.

LEP et Livret Jeune au top

Seules exceptions, deux autres livrets réglementés dont la rémunération est plus favorable, à condition de remplir les critères d’éligibilité. C’est le cas du livret d’épargne populaire (LEP), qui rapporte 1,25 % non taxable. Il est réservé aux ménages modestes : pour ouvrir un LEP en 2018, il faut justifier d’un revenu fiscal de référence 2016 (figurant sur l’avis d’imposition 2017) inférieur à 19 468 euros pour une personne seule. Les détenteurs d’un LEP ont intérêt à l’alimenter en priorité pour bénéficier de son taux avantageux et n’abonder leur livret A qu’une fois le plafond de 7 700 euros atteint.

Quant au livret Jeune (1 600 euros au maximum), réservé aux 12-25 ans, son taux varie d’une banque à l’autre. Il rapporte 2 % chez BNP Paribas, Monabanq ou Société Générale ; 1,75 % chez LCL… Là encore, leurs titulaires ont intérêt à remplir en priorité cette enveloppe.

Supelivrets bancaires : souvent inintéressants

Vous détenez peut-être aussi un livret bancaire fiscalisé. Souvenez-vous : on les appelait « superlivrets » dans les années 2000. Ils n’ont aujourd’hui plus rien de « super »… Eux aussi ont fait les frais de la forte baisse des taux d’intérêt. Toutefois, l’entrée en vigueur du prélèvement fiscal unique (PFU, ou « flat tax », selon la dénomination anglo-saxonne) de 30 %, au 1er janvier 2018, leur a donné un petit coup de pouce : ce nouveau régime fiscal est plus favorable que l’ancien.

En effet, jusqu’à l’an dernier, les intérêts des livrets étaient soumis aux prélèvements sociaux et à l’impôt sur le revenu au barème progressif (jusqu’à 62,2 % de ponction). A noter, si vous n’êtes pas imposable, vous pouvez toujours choisir le barème plutôt que le PFU, ce qui vous permettra de régler uniquement les prélèvements sociaux (17,2 %).

Mais le nouveau régime fiscal n’y change rien : sauf exception, les livrets bancaires ne méritent pas vos liquidités. Seuls trois d’entre eux sortent du lot : Distingo de PSA Banque, Zesto de RCI Bank et le Livret d’Orange Bank rémunèrent 1 % brut, soit 0,70 % net. Un taux inférieur, mais de peu, aux 0,75 % du livret A. Ils peuvent s’envisager en complément de ce dernier pour placer une somme importante en attente d’investissement.

Les autres banques affichent des taux insignifiants : le livret Epargne Orange d’ING Direct ne rapporte qu’un maigre 0,10 % brut hors promotion, tout comme le Compte Epargne de BNP Paribas et le Compte sur livret de Boursorama. De son côté, le Livret d’épargne de BforBank sert 0,20 % brut, tandis que le Livret + de Fortuneo est à 0,30 %. Mieux vaut clôturer ces placements.