Les Français s’intéressent à l’épargne responsable mais l’offre peine à suivre

En constante progression ces dernières années, l’investissement responsable commence à gagner du terrain auprès des particuliers. Mais attention à investir dans les bons produits.

Connaissez-vous l’ISR ou investissement socialement responsable ? Certainement pas, d’après une enquête réalisée en août par l’Ifop auprès de 1002 Français, 65% des épargnants interrogés n’en ont jamais entendu parler… Paradoxalement, 63% des sondés déclarent accorder une place importante aux impacts environnementaux et sociaux dans leurs décisions de placements. Un comble alors même que l’investissement responsable vise justement à répondre à ces objectifs en investissant dans des entreprises performantes sur le plan financier, mais qui respectent aussi des critères sociaux, environnementaux, ou encore de gouvernance…

1081 milliards d’euros d’encours

Le marché de l’investissement responsable a pourtant connu un essor considérable ces dernières années. D’après la dernière enquête publiée par l’Association française de la gestion financière (AFG) réalisée auprès de 48 sociétés de gestion représentative du marché français, ce segment, qui englobe toutes les pratiques consistant à intégrer des critères extra-financiers à la gestion, représenterait aujourd’hui 1081 milliards d’euros d’encours en France, soit près d’un tiers du total des encours sous gestion. Mais sur ce montant, les fonds dits ISR atteindraient seulement 156 milliards d’euros. La grande majorité des placements responsables s’effectue en effet à travers des mandats et sont donc issus d’une clientèle d’institutionnels. L’offre auprès des particuliers reste pour le moment limitée. Seulement 5% des Français ont d’ailleurs déclaré, toujours d’après l’Ifop, avoir déjà investi dans un fonds ISR.  «D’année en année, le taux de notoriété de l’investissement responsable ne décolle pas car il reste cantonnée à 8% en France, indique Anne-Catherine Husson Traoré, directrice générale de Novethic. La faute à une industrie de la gestion d’actifs qui n’arrive pas à communiquer sur un concept clair.»

Un déploiement de produits dans les réseaux

Les particuliers devraient pourtant être davantage mis à contribution pour investir dans des placements responsables. « Des députés ont proposé un amendement au projet de loi Pacte pour développer l’offre de fonds solidaires ou de fonds responsables labellisés par l’Etat dans les supports en unités de compte des contrats d’assurance vie », indique Audrey Hyvernat, directrice Investissement Responsable au sein de l’AFG. L’association constate déjà dans ses statistiques l’essor de fonds ISR à travers certains produits d’épargne proposés par les réseaux de distribution.  « L’ISR s’est déjà largement déployé en épargne salariale, puisqu’un quart des encours des FCPE  (Fonds Commun de Placement d’Entreprise) diversifiés, qui dépassent les 80 milliards d’euros, sont gérés avec un prisme responsable », commente Thomas Valli, directeur des études économiques de l’AFG.

Vigilance

Mais attention, les épargnants doivent se montrer vigilants. Il n’existe pas de définition ni de pratiques homogènes des gérants en matière d’investissement responsable.  Or, le greenwashing y est largement répandu, car de nombreux établissements s’y positionnent à des fins marketings sans prendre de réels engagements dans leur gestion. Avant de souscrire à une offre ISR ou de finance responsable, un investisseur doit donc bien se renseigner, exiger une certaine transparence et surtout investir à minima dans des fonds labélisés par les pouvoirs publics.

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