SmartAngels, plateforme de financement participatif spécialisé dans l’investissement dans les entreprises, a décidé d’arrêter cette activité pour se consacrer à la gestion dématérialisée de titres non cotés, a annoncé mardi la direction de la jeune pousse. « La raison principale de l’arrêt du crowdfunding est la baisse des volumes du marché depuis plusieurs trimestres qui ne nous permet pas de continuer sur cette activité », a déclaré à l’AFP Benoît Bazzocchi, fondateur et président de SmartAngels. Des évolutions fiscales et un « modèle réglementaire inadapté » sont également évoqués dans un communiqué publié par la société.

Plus de potentiel pour les titres non cotés

« Nous continuons avec notre autre activité, une plateforme de gestion de titres non cotés qui présente plus de potentiel », a-t-il poursuivi. Lancée en 2012, la jeune pousse SmartAngels avait débuté dans le « crowdequity », sa plateforme en ligne permettant à des investisseurs d’acquérir des participations dans le capital de petites entreprises non cotées. Les investisseurs ayant utilisé la plateforme pour devenir actionnaires d’entreprises « restent complètement propriétaires de leurs titres, il n’y a aucun danger particulier sur leurs fonds », a assuré M. Bazzocchi, précisant que SmartAngels ne conservait aucun fonds. La jeune pousse, qui depuis sa naissance a levé 4,5 millions d’euros, va donc se dédier entièrement à la gestion dématérialisée de titres émis par des entreprises non cotées, une activité qu’elle avait également développée en partenariat avec BNP Paribas en 2016. 

L’objectif de cette nouvelle plateforme est de fiabiliser le suivi des portefeuilles pour les investisseurs et de faciliter les échanges d’informations liés au reporting. La société cible désormais les investisseurs professionnels pour « répondre aux contraintes réglementaires croissantes et aux attentes de leurs clients investisseurs institutionnels ». SmartAngels finalise actuellement la version test de sa plateforme, dont la commercialisation débutera dès début 2019 auprès de certaines sociétés de gestion. Elle espère conquérir une dizaine de sociétés de gestion d’ici à la fin 2019, « accélérer son développement commercial » et étendre son offre à d’autres actifs non cotés tels que la dette privée ou l’immobilier.