Les montants perdus par des épargnants français victimes d’arnaques au bitcoin donnent le vertige

Depuis le début de l’année, l’AMF a recensé un millier de plaintes d’épargnants qui ont perdu au total 50 millions d’euros via de fausses plateformes liées aux crypto-monnaies, comme le bitcoin. Des chiffres alarmants qui incitent à la plus grande prudence sur ces nouveaux placements.

D’après les dernières estimations de l’Autorité des marchés financiers (AMF) à fin novembre, un millier de plaintes relatives à des arnaques aux crypto-monnaies ont été déposées par les épargnants français à travers son dispositif épargne info service.

2018 s’annonce comme une année record en matière d’arnaques liés aux crypto-monnaies ! D’après les dernières estimations de l’Autorité des marchés financiers (AMF) à fin novembre, un millier de plaintes ont été déposées par les épargnants français à travers son dispositif épargne info service. L’AMF avait déjà alerté cet été sur les arnaques liés au bitcoin, et autres crypto-monnaies (ethereum, ripple..) ou crypto-actifs comme elle les appelle, mais elle indiquait alors 697 réclamations pour « seulement » 14 millions d’euros de perdu. Depuis le bilan s’est largement alourdi. Au total, le montant des escroqueries en crypto-monnaies s’élève désormais à 50 millions d’euros sur les onze premiers mois de l’année. Les sommes perdues individuellement sont conséquentes : en moyenne 45 000 euros par personne. Le sujet devient donc au centre des préoccupations de l’AMF. « 45% des réclamations que nous recevons à travers notre plateforme épargne info service sont liés aux crypto-actifs, ce qui est considérable », s’inquiète Claire Castanet, directrice des relations avec les épargnants au sein de l’AMF. De plus, tous les profils d’investisseurs particuliers sont concernés : cadres, chef d’entreprises, retraités, jeunes actifs…… L’AMF reconnaît d’ailleurs qu’elle ne collecte qu’une infime partie des arnaques.

Une technique bien rodée

D’après Coinhouse (nouveau nom de la Maison du Bitcoin), qui est depuis 2014 le premier comptoir physique d’achat-vente de crypto-monnaies installé à Paris, elles pourraient représenter 1 milliard d’euros en France. « Beaucoup de particuliers n’osent pas en parler car ils ont honte de s’être fait escroquer, commente Brian O’Hagan, responsable marketing de Coinhouse. Nous avons eu le cas d’une retraitée qui a perdu toute ses économies, soit 130 000 euros, ou encore d’une personne qui a investi 800 000 euros, soit la moitié d’un héritage dans de fausses plateformes.» Le modus operandi des escrocs est d’ailleurs toujours le même : un particulier qui veut investir sur les crypto-monnaies recherche des informations sur Internet et laisse ses coordonnées téléphoniques à un faux site web qui le rappelle. « A l’instar des techniques de manipulations psychologiques utilisées sur le forex ou les diamants, les escrocs ont un discours bien rodés et parviennent à convaincre par téléphone des épargnants à effectuer des virements en échange de crypto-actifs qu’ils ne recevront jamais », détaille Claire Castanet. Leur offre paraît d’ailleurs souvent sérieuse puisqu’ils n’hésitent pas à usurper l’identité d’acteurs déjà installés. Coinhouse s’est par exemple fait piraté sa ligne téléphonique en décembre 2017. Ils créent aussi des sites Internet plus vrais que nature. L’AMF recense aujourd’hui 118 fausses plateformes dans sa liste noire d’acteurs proposant d’investir dans des biens, comme les crypto-actifs. Mais elle serait encore loin du compte. Coinhouse a en effet repéré 350 plateformes frauduleuses.

Des indices pour vous alerter

Pour éviter de tomber dans ce type de piège, voici quelques indices qui doivent vous alerter : votre interlocuteur vous promet des gains sans risques, ou des rendements exceptionnels, il vous met la pression pour acheter rapidement ou encore vous propose d’effectuer un virement sur un compte domicilié dans un paradis fiscal (Malte, Chypre..), ou dans les pays de l’Est. Au moindre doute, abstenez-vous d’investir et surtout informez-vous.Une simple vérification sur Internet peut parfois suffire à démasquer des escrocs et l’AMF est aussi là pour répondre à vos questions.   

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