Les épargnants favorables aux investissements durables, mais peu d’entre eux concrétisent

Plus de 50% des épargnants veulent intégrer des investissements durables dans leur épargne. Mais leur intention retombe comme un soufflé.

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Plus de la moitié des épargnants (57%) souhaitent que leur épargne intègre le développement durable, mais seulement 21% ont déjà investi dans ce domaine, selon un baromètre publié mardi par Deloitte et CPR AM.

« Il y a eu une lame de fond pour intégrer les facteurs dits ESG (Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance, ndlr) dans la gestion d’actifs. C’est le sens de l’Histoire », pour autant « il y a encore beaucoup de pédagogie » à faire, explique à l’AFP Arnaud Faller, directeur général délégué en charge des investissements de la société de gestion CPR Asset Management.

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« Nous sentions qu’il y avait une appréhension aussi bien du côté de ceux qui proposent des produits que des clients », d’où l’idée d’explorer les deux faces du miroir dans ce baromètre, complète Pascal Koenig, associé responsable du secteur de la gestion d’actifs du cabinet Deloitte.

Cette double étude fait apparaître que « 67% des épargnants ont déjà au moins entendu parler de l’investissement durable, et la protection de l’environnement arrive en tête des thèmes prioritaires pour 56% des épargnants ».

Un manque criant d’informations sur ces fonds

Mais seulement 36% d’entre eux affirment connaître le sujet (7% très bien, 29% un peu). Dans ce groupe, le pourcentage monte à 67% pour les chefs d’entreprise, 55% pour les agriculteurs, 49% chez les cadres et 38% pour les professions intermédiaires. Du côté des conseillers, 41% déclarent ne proposer ces produits qu’aux clients qui leur en parlent.

Particuliers et professionnels convergent sur le fait que le manque d’information constitue le principal frein à un investissement responsable, avec 38% pour les premiers et 46% pour les seconds. Les conseillers financiers ont une « tendance naturelle à ne parler qu’à des spécialistes », observe M. Koenig.

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Les deux experts appellent à « une standardisation au niveau européen » avec des concepts communs et surtout un label à l’échelle de l’UE qui « permettrait de parler tous le même langage ».

La première partie du baromètre sur les épargnants se base sur un sondage mené par Opinion Way auprès de 1.001 personnes possédant une assurance vie, un PEA ou un compte titres, et/ou ayant une épargne de plus de 10.000 euros, du 6 au 9 mars 2019. La deuxième s’est penchée sur les acteurs du secteur avec une enquête menée par Spoking Polls auprès de 415 personnes, dont 72 conseillers en Banque Privée et 343 sociétés de conseil en gestion du patrimoine.

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