EcoTree : la start-up qui vend des arbres pour sauver les forêts et vous faire gagner de l’argent

Une start-up bretonne encourage à investir dans des arbres avec pour objectif un petit rendement et un engagement écologique pour le souscripteur.

La jeune entreprise achète dans toute la France des forêts, les remet en état, puis vend les arbres qui la composent, restant propriétaire du foncier. Crédit: iStock.

S’offrir un chêne, un châtaignier ou plusieurs arbres de différentes espèces tout en réalisant un investissement pouvant rapporter jusqu’à 2% par an, c’est l’idée originale de la start-up bretonne EcoTree qui veut concilier développement durable et rentabilité.

Lancée près de Brest en 2016, la jeune entreprise achète dans toute la France des forêts, souvent à l’abandon, les remet en état, en mettant en œuvre une « sylviculture proche de la nature », puis vend à l’unité les arbres qui la composent, restant propriétaire du foncier.  Elle rachète aussi des terres agricoles à reboiser, promettant, pour chaque arbre vendu, d’en replanter trois.

Parmi ses dernières acquisitions, une parcelle de 12 hectares située dans un paisible vallon de la petite commune de Pleyben, dans le Finistère. A flanc de coteau, s’étire une forêt d’érables et de résineux exotiques d’une trentaine d’années, tandis qu’en contre-bas, aux abords d’un petit ruisseau, s’érigent de jeunes plants flanqués de tuteurs et entourés de grillages afin de contrer les attaques des chevreuils fréquentant cette parcelle achetée il y a moins d’un an à un particulier.

« Les forêts françaises appartiennent à 75% à des particuliers », assure Erwan Le Méné, à la tête de l’entreprise, en avançant le long d’un petit chemin s’enfonçant dans le sous-bois. « Souvent, ils en héritent sans savoir quoi en faire », note-t-il. 

Rendement espéré de 2% bruts en moyenne

Vendus sur une plateforme internet, les arbres prennent au fil des ans de la valeur avec un rendement espéré moyen de 2% par an (bruts), contre 0,75% net actuellement pour le Livret A, l’un des placements les plus populaires en France. Le fruit de la vente, une fois les arbres coupés, est entièrement reversé à leur propriétaire.

Un Douglas de la forêt de Ploërdut, aux confins du Morbihan, et âgé d’une quarantaine d’années, peut ainsi être acquis pour 33 euros et valoir dans 25 ans 49 euros, soit un gain espéré de 16 euros. L’arbre le moins cher proposé sur le site de l’entreprise est un pin maritime de moins de deux ans vendu 15 euros pour un gain espéré dans 45 ans de 18 euros.

La start-up, détentrice d’un agrément de l’Autorité des marché financiers (AMF) en tant qu’intermédiaire en bien divers, a déjà vendu 80.000 arbres à 15.000 particuliers -en France et à l’étranger- et 250 entreprises, parmi lesquelles la SNCF, l’assureur Aviva, la banque Arkéa ou encore le voyagiste breton Salaün Holidays. 

« Bilan carbone »

Ce dernier a été parmi les premiers à adhérer au projet en achetant 2.500 arbres, ce qui lui a permis d’absorber 74 tonnes de dioxyde de carbone (CO2), contribuant à l’allègement de son empreinte carbone. « Notre bilan carbone, compte tenu de nos activités de voyagiste est fortement négatif », explique à l’AFP Michel Salaün, à la tête de l’entreprise, se félicitant en outre d’une action vertueuse contribuant à la valorisation de son entreprise. « C’est intéressant  puisque ça apparaît à l’actif du bilan », note-t-il.

« Le développement durable est le principal enjeu du XXIe siècle », estime Erwan Le Méné, persuadé qu’il y a « urgence » à intégrer le développement durable à l’économie.

Chaque année, entre 13 et 15 millions d’hectares de forêts disparaissent dans le monde, soit la surface de la Belgique et, selon le Giec, la déforestation est à l’origine de 17% des émissions de gaz à effet de serre, rappelle EcoTree sur son site.

La start-up, qui emploie une quinzaine de personnes à plein temps, espère avoir acquis d’ici fin décembre 1.000 hectares de forêts dans l’Hexagone, contre 500 aujourd’hui. Rentable depuis fin 2018, elle projette en outre de se développer à l’international via une levée de fonds de deux millions d’euros, après une première levée de 1,2 millions d’euros en 2017. En avril, elle a ouvert un premier bureau à l’étranger, au Danemark, afin de couvrir la demande venant des pays Scandinaves, d’Allemagne, d’Autriche et des Pays-Bas, particulièrement sensibles aux questions environnementales.

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