Placements : le gendarme des marchés et celui de l’assurance alertent sur une recrudescence d’arnaques et de tromperies, en particulier en assurance vie

L’AMF et l’ACPR mettent à nouveau en garde les épargnants sur les escroqueries et les mauvaises pratiques en matière de placements financiers. Bilan des pièges les plus fréquents à déjouer.  

Les banquiers ou conseillers en gestion de patrimoine doivent s’assurer de votre connaissance et expérience en matière de placements financiers. Crédit Istock

L’environnement de taux bas sur les marchés est aujourd’hui propice aux arnaques sur les placements financiers ! L’Autorité des marchés financiers (AMF) et l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), qui œuvrent de concert pour prévenir et informer les épargnants, ont remarqué une recrudescence de certaines mauvaises pratiques dans le dernier rapport commun de leur pôle Assurance Banque Epargne. Panorama des pièges à éviter pour votre épargne.

Des arnaques sur les crypto-actifs et le vin et les cheptels

Après le Forex, les terres rares ou encore les diamants, les escrocs ont désormais changé de cible et visent les investissements dans les crypto-actifs, c’est-à-dire le Bitcoin et autres crypto-monnaies. Ce sont généralement de fausses plateformes qui n’hésitent pas à usurper l’identité d’acteurs plus sérieux. Elles recueillent vos données sur Internet avant ensuite d’effectuer un démarchage téléphonique très convaincant. Attention dès lors que l’on vous promet des rendements fabuleux sans risque, fuyez !  En 2018, les autorités ont enregistré 55 millions d’euros de pertes déclarées par des épargnants sur les arnaques aux crypto-actifs. Depuis le début de l’année, le montant s’élève encore à 18 millions d’euros. Les procédés malhonnêtes se développent aussi du côté des placements dans les biens divers, comme le vin, ou encore les cheptels. A fin mai, le site Abeis (Assurance banque épargne info service) compilait 750 noms de sites frauduleux dont 200 liés aux seuls crypto-actifs et biens divers. Régulièrement mis à jour, n’hésitez pas à le consulter même s’il est loin d’être exhaustif face à l’inventivité des fraudeurs. Vous devez donc rester particulièrement vigilants dans ce type de placements et ne pas hésiter à porter plainte dès lors que vous êtes victime d’escrocs.

Des publicités mensongères en assurance vie

Autre sujet d’attention des autorités : l’augmentation de publicités trompeuses, notamment sur les unités de comptes disponibles en assurance vie. La baisse des rendements des fonds en euros des contrats conduit les distributeurs à mettre davantage en avant leur offre de fonds sans pour autant bien informer les épargnants des risques de perte en capital. Cette mention est parfois totalement absente de leur publicité ou dans le meilleure des cas elle est peu visible car figurant uniquement en note de bas de page. Ce phénomène se remarque notamment pour des fonds  dits « verts » ou « ISR » (investissement socialement responsable) où le bénéfice environnemental ou sociétal est mis en avant au détriment du risque de perte en capital. L’AMF et l’ACPR veillent à rappeler à l’ordre les professionnels, mais en tant qu’épargnants ne vous fiez pas aux promesses commerciales et lisez bien la documentation réglementaire (DICI et prospectus).

Des conseils parfois peu adaptés

Dernier point d’attention des autorités : une adéquation des placements proposés avec le besoin des épargnants. Les banquiers ou conseillers en gestion de patrimoine doivent s’assurer de votre connaissance et expérience en matière de placements financiers. Ils doivent aussi vérifier que vous êtes capable de supporter d’éventuelles pertes au regard de votre patrimoine et de vos revenus. Or ces éléments ne sont pas toujours bien appréhendés. Vous devez donc veiller à bien répondre à ce type de questions. N’hésitez pas également à demander les références de vos intermédiaires et leur modèle de rémunération. Cette dernière étape vous permettra d’éviter d’éventuels conflits d’intérêt. Sur ce dernier sujet, l’AMF et l’ACPR enquêtent actuellement sur les auto-placements de titres financiers, c’est-à-dire les souscriptions des épargnants à des actions, des parts sociales ou des titres obligataires de leur établissement financier. Les autorités veulent s’assurer que les pratiques commerciales s’effectuent bien dans l’intérêt des clients. Un rapport sur ce sujet est attendu avant la fin de l’année.

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