Le robot-conseiller financier Marie Quantier en liquidation judiciaire : quel sort pour l’argent des épargnants?

La plateforme de conseils en allocation d’actifs Marie Quantier a cessé ses activités début août. Les 1500 épargnants qui l’utilisaient ne peuvent plus y avoir accès mais leur argent n’est pas perdu. Mode d’emploi.

Les robo-advisors ou conseillers financiers automatisés peinent à séduire les épargnants français ! Pour preuve Marie Quantier, l’un des premiers acteurs à s’être lancé sur ce créneau vient de mettre la clef sous la porte ! Fin juillet, la société Q-Hedge Technologies, qui édite le site et l’application mobile Marie Quantier, a été placée en liquidation judiciaire. En cause : une incapacité à financer la poursuite de son activité. Et pourtant, la fintech, créée par Mathieu Hamel et ses associés en 2011, avait à deux reprises levé des fonds pour un total de 2,5 millions d’euros dont 1 million auprès d’investisseurs individuels sur la plateforme OneRagtime en mars 2018. Des financements qui ont servi à déployer ses outils technologiques pour aider les épargnants à mieux gérer leurs placements financiers.

Une gestion conseillée

Marie Quantier proposait en effet depuis 2015 une offre de gestion conseillée, c’est-à-dire des conseils en allocation d’actifs ainsi qu’une sélection d’ETF et de Sicav. Ses clients devaient toutefois effectuer par eux même les transactions et bénéficiaient pour cela d’outils d’exécution des ordres ou encore de gestion des risques. Des solutions sophistiquées dites professionnelles à destination initialement des épargnants lambda avant de recentrer l’offre sur la clientèle haut de gamme. Mais ses 1 500 utilisateurs ne peuvent plus utiliser ce service, facturé par le biais d’un abonnement trimestriel et d’un pourcentage récupéré sur les gains, depuis le 2 août. Leur argent n’est toutefois par perdu puisqu’il est conservé par Suravenir et Interactive Brokers, les deux partenaires de Marie Quantier pour respectivement son offre en assurance vie et en compte-titres.

Des instructions envoyées par mail

Pour le récupérer, les épargnants concernés peuvent se rapprocher de l’assureur français ou du courtier en ligne américain. Ils ont alors la possibilité de clôturer leur compte et de récupérer leurs capitaux à la valeur de marché actuelle ou de continuer à investir directement via Suravenir ou Interactive Brokers sans bénéficier de conseils. Néanmoins la rédaction a testé ses solutions, or il est très difficile d’avoir une réponse de ces acteurs en plein mois d’août. Il faut s’armer de patience et bien avoir sous la main ses codes d’identification clients. Le site de Marie Quantier, étant d’ores et déjà hors service. Le mandataire judiciaire, maître Jean-Charles Demortier d’Axyme a aussi envoyé des instructions par mail aux utilisateurs de Marie Quantier.

Une offre réservée aux investisseurs autonomes

Ce premier défaut d’un robo advisor en France doit rappeler aux épargnants que leurs services sont particulièrement limités en cas de crise et réservés aux investisseurs particulièrement autonomes !  Faute d’en convaincre suffisamment, ce type d’acteurs proposant leurs conseils automatisés en ligne sont d’ailleurs de moins en moins nombreux. Fundshop ou en encore Advize ont décidé de réorienter leur modèle vers les professionnels. Yomoni reste celui qui s’en sort le mieux et revendique aujourd’hui 10 000 clients et plus de 100 millions d’encours gérés. Nalo est quant à lui plus discret même si ses ambitions restent encore fortes tout comme WeSave, qui a été racheté par le gestionnaire Amundi en début d’année. Reste à savoir s’ils atteindront vraiment leurs objectifs.

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