Investisseurs, ne vous laissez pas avoir par la technique de la bouilloire

Le gendarme de la Bourse met en garde contre une technique frauduleuse visant à manipuler les cours boursiers.

En cas d'infraction supposée, les investisseurs peuvent déposer plainte auprès du tribunal de grande instance. Crédit: iStock.

L’Autorité des marchés financiers (AMF) invite les épargnants à se méfier d’une technique de démarchage agressif, qui s’opère souvent par téléphone, consistant à solliciter les investisseurs pour les inciter à acheter des produits financiers, selon un communiqué publié vendredi.

La boiler room, ou technique de la bouilloire, est une technique de manipulation des cours boursiers consistant à distiller des fausses informations pour faire grimper le cours d’un actif et le revendre ensuite avec une plus-value lorsque des investisseurs victimes ont massivement acheté.

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« L’objectif des manipulateurs », qui ont recours à des « tactiques agressives de vente » et promettent « des rendements élevés », est « d’inciter à investir dans l’actif concerné pour leur permettre de céder leurs titres à un cours élevé », explique le gendarme boursier.

Le manipulateur « se présente comme une société de courtage ou une société de gestion d’actifs et approche les investisseurs », souvent par téléphone, pour « leur vanter le potentiel d’un actif dans lequel elle détient des intérêts », précise le gendarme boursier.

Des recommandations suspectes repérées

Ce genre de fraude, qui « existe depuis de nombreuses années, peut porter sur des sociétés cotées sur différents marchés européens et peut viser les investisseurs particuliers dans toute l’Europe », ajoute le régulateur, qui incite donc les particuliers « à la plus grande vigilance ».

L’AMF estime ainsi que « des recommandations d’achat suspectes sont actuellement émises sur des actions cotées » à la Bourse de Paris, à savoir: Media Lab, Arthur Maury, Design your Home, Gour Medical, Parx plastics et Italy Innovazioni.

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Le régulateur français ajoute disposer « d’éléments indiquant que ces recommandations d’achat pourraient se baser sur des informations fausses ou trompeuses et/ou dissimulent des conflits d’intérêts existants. « Certains agissements pourraient constituer des infractions pénales », poursuit-il.

Le gendarme boursier recommande donc aux épargnants de s’assurer que l’intermédiaire financier qui propose ou conseille des investissements financiers y est bien autorisé. 

En cas d’infraction supposée, les investisseurs peuvent déposer plainte auprès du tribunal de grande instance en fournissant toutes les informations possibles (références des transferts d’argent, contacts identifiés, adresses, mails, Skype, etc.) aux autorités judiciaires compétentes.

De façon générale, l’AMF conseille aux épargnants de conserver les preuves de leurs échanges (enregistrement des conversations téléphoniques, captures d’écran) s’ils décident d’investir.

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