Privatisation de la FDJ : ça peut vous rapporter gros?

La privatisation de la Française des jeux se précise : la mise sur le marché interviendra avant la fin novembre si la météo boursière le permet. L’opération, qui devrait rapporter plus d’un milliard à l’État, selon le pronostic de Bruno Le Maire, pourrait être une bonne affaire pour le particulier. 

Au vu des chiffres de ses neuf premiers mois d'activités, FDJ apparaît comme une entreprise qui se porte bien. Crédit : GILE Michel/SIPA

La troisième tentative sera-t-elle la bonne ? Enterrée en 2008 pour cause de crise des subprimes, rejetée par François Hollande, la privatisation de la Française des jeux (FDJ), prévue par l’article 137 de la loi PACTE, interviendrait d’ici la fin novembre. L’opération, qui ramènerait la part de l’Etat de 72 à 25 ou 30 % du capital, rapporterait plus d’un milliard d’euros aux finances publiques. Sans compter le maintien d’une très forte contribution de l’opérateur- plus de 3,3 milliards en 2018, au budget français. Reste à savoir si cette mise sur le marché sera favorable aux investisseurs particuliers, qui, comme les salariés se partageront eux aussi 10 % du capital. À moins qu’elle n’engendre autant de polémiques que la vente d‘autres ‘joyaux de la couronne’ : les autoroutes françaises.

Une entreprise qui se porte très bien

Au vu des chiffres de ses neuf premiers mois d’activités, FDJ apparaît comme une entreprise qui se porte bien. Et même très bien ! Alors que le marché des mises progresse de 5 % par an, elles augmentent de 8 %, à 12,54 milliards d’euros chez le quatrième opérateur mondial du secteur derrière l’italo-américain IGT. Retranché des gains reversés aux joueurs, soit 8,52 milliards, le produit brut des jeux s’apprécie à 68,7 % des mises au lieu de 68 % il y a un an. Le tableau reste alléchant une fois soustrait la contribution de l’exploitant aux finances publiques, soit 2,62 milliards (+ 7 %) : le produit net des jeux représente 11,2 % des mises ou 1,4 milliards. Autant d’éléments de nature a confirmer les objectifs de l’exercice 2019 : un chiffre d’affaires a 1,9 milliards, contre 1,8 milliards en 2018, et une marge d’Ebitda de 19 % du chiffre d’affaires ou 325 millions.

Quelques handicaps

Comparée au numéro un mondial des jeux IGT, également actifs dans les casinos, FDJ fait plus que bonne figure puisque l’italo-américain a vu son résultat plombé par des pertes de changes. Face au britannique Camelot The National Lottery, le monopole public des jeux de hasard affiche tout de même quelques handicaps. En particulier, un certain retard dans les jeux et Paris en ligne qui ne pèsent que 20 % de ses mises contre plus du quart pour le britannique. Idem sur les très dynamiques et très concurrentiels Paris sportifs ou le français se trouve la-aussi distancé. De même, quand Camelot revere 17 % des mises à sa tutelle, FDJ doit en céder près de 30 % au Trésor Public. Et l’État n’a pas l’intention de mollir face au lobbying acharné des casinotiers qui plaident pour un impôt sur les bénéfices en lieu et place de cette taxation à la source… Destinée aussi à lutter contre les addictions .

Des perspectives conservatrices à l’horizon 2025

Reste tout de même quelques douceurs pour faire passer cette pilule. D’abord des perspectives à l’horizon 2025 très conservatrices avec une croissance du chiffre d’affaires comprise entre 3 et 4 % par an, malgré de grands événements comme l’Euro 2020 de football, pour une marge d’ebitda au-dessus de 20 %. Et surtout un taux de distribution de 80 % des dividendes.

Sur le même thème

Conseils Bourse La FDJ en Bourse

Ne manquez rien de l'actualité

Réactions et commentaires

Sur la même thématique