Le changement climatique pas assez intégré par les établissements financiers

Si les établissements financiers français considèrent que les risques climatiques sont partie intégrante de leurs risques financiers, leurs pratiques restent « hétérogènes », pointe la Banque de France.

"Le dispositif de gestion des risques associés au changement climatique reste incomplet", note la Banque de France. Crédit: iStock.

Le changement climatique et les menaces qui y sont associées sont intégrés de façon encore « partielle et hétérogène » dans le processus de gestion des risques des établissements financiers malgré des progrès, écrit la Banque de France dans un article publié vendredi.

« Contenir le réchauffement climatique requiert des efforts supplémentaires très importants », écrit l’institution monétaire française dans son dernier bulletin périodique.

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Dans ce contexte, « les banques et les assureurs s’organisent de façon progressive » avec notamment une information régulière des instances de gouvernance et l’intégration du changement climatique dans le cadre existant de gestion des risques, relève la Banque de France qui salue des progrès significatifs sur nombre d’aspects.

Mais si les établissements financiers français tendent à considérer les risques climatiques comme une partie intégrante de leurs risques financiers, les pratiques demeurent toutefois « hétérogènes », pointe la Banque de France, qui distingue en la matière des établissements avancés et d’autres qualifiés d' »attentistes ».

Des stratégies climatiques non opérationnelles

Ces derniers affichent ainsi « un retard relatif » en raison d’un « manque de moyens accordés en interne à ces problématiques qui ne sont pas encore considérées comme prioritaires du fait de leur manque de matérialité immédiate » et à divers autres obstacles d’ordre méthodologique et réglementaire.

En outre, en dépit des progrès, « les stratégies climatiques ne sont pas déclinées de façon opérationnelle par ligne de métiers » et « le dispositif de gestion des risques associés au changement climatique reste incomplet », déplore la Banque de France.

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Autre constat, le « risque de responsabilité », qui correspond aux dommages et intérêts qu’une personne morale devrait payer si elle était jugée responsable du réchauffement climatique, « n’est pas perçu comme potentiellement pertinent par les institutions bancaires et les organismes d’assurance français. Or, ils y sont pourtant exposés », relève encore le rapport.

Dans le cadre de l’Accord de Paris sur le climat signé en 2015, un certain nombre de pays et d’entreprises se sont engagés à agir pour atteindre la neutralité carbone en 2050 et maintenir un réchauffement climatique nettement en dessous de deux degrés d’ici 2100.

Au total, le montant des expositions des établissements bancaires et organismes d’assurance français aux secteurs les plus carbonés représentait à fin 2017 quelque 862 milliards d’euros, selon les chiffres fournis par la Banque de France dans son bulletin.

La part des actifs des établissements situés dans des zones géographiques moyennement ou fortement vulnérables au changement climatique représentait quant à elle moins de 2,5%, selon ces mêmes chiffres.

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