Ce que nous apprend le document d’enregistrement de la FDJ approuvé par l’Autorité des marchés financiers

La FDJ a remis à l’AMF (Autorité des Marchés Financiers) son document de référence qui recense toutes ses données financières. Mieuxvivre.fr s’est procuré de pavé de 380 pages grand format visé et approuvé par le gendarme de la Bourse. Sa lecture attentive révèle dix points que l’investisseur doit savoir avant de prendre sa décision.

Une fois cotée, la FDJ continuera d'alimenter les caisses de l’état d’environ 3,3 milliards d'euros par an. Crédit : CHAMUSSY/SIPA

Le risque Prélèvement Public. Une fois cotée, la FDJ continuera d’alimenter les caisses de l’état d’environ 3,3 milliards d’euros par an. Toutefois, l’état verra sa part de dividendes ramenée à son poids au capital. D’où une indemnisation baptisée fond de compensation : 380 millions à régler d’ici 2025.

Le risque de régulation. L’AMF invite les investisseurs à garder en mémoire la versatilité de l’Etat : qui peut garantir qu’un gouvernement ne durcira pas les lois et règlements pour restreindre l’accès aux jeux ou pour l’ouvrir davantage à la concurrence ?

A consulter >> Le document d’enregistrement de la FDJ approuvé par l’AMF

Attention aux cyberattaques et autres dénis de service. Bien sûr, la FDJ prend toutes les mesures pour protéger ses équipements et terminaux installés chez ses détaillants, ses applications, ses réseaux et ses serveurs. Il y a un peu plus de trois ans, l’opérateur s’est retrouvé avec un réseau planté pendant plus d’un week-end. Bilan : 120 000 euros de mises perdues par minute !

Faites sauter la banque ! Trop de gros gagnants sur un seul jeu. Les experts nomment ce scénario le risque de contrepartie. La probabilité est fixée à une fois tous les 15 000 ans. Jusqu’à la privatisation, un fonds de garantie public intervenait avec un plafond d’indemnisation de 200 millions. Une fois privatisée, FDJ devra s’assurer. Le document de référence évoque des garanties ramenées à 150 millions et une prime d’assurance annuelle de 3 à 3,5 millions.

Une privatisation facturée trente millions d’euros. C’est le montant des travaux préparatoires des commissaires aux comptes et des mandats délivrés aux banquiers-conseils. Une somme à rapporter au chiffre d’affaires et à l’ebitda annuels de FDJ : 1,9 milliards d’euros et 325 millions en 2018.

Le pari des Jeux et paris en ligne. Si les ventes chez les revendeurs croissent, celle des Jeux en ligne progressent davantage : + 5,2 % par an pour les premières contre + 15 % pour les seconds. Le gain est encore plus fort pour les Paris sportifs numériques : + 21 % l’an dernier. FDJ affiche de grandes ambitions sur cette activité très concurrentielle. Reste que dans son document de référence, elle ne distingue pas les ventes en ligne pures de celles enregistrées depuis un terminal installé chez un détaillant.

Un marché mondial extrêmement concurrentiel. Avec un Produit Brut de Jeux (hors casinos et Paris clandestins) de 119,1 milliards de dollars l’an dernier, en hausse de 2,2 % par an, et de 40,6 milliards de dollars pour les paris sportifs (+ 11 %), le secteur a de beaux jours devant lui, en particulier en Asie et Afrique.  

Un réseau de 30 000 revendeurs indépendants. A l’inverse de nombre de ses concurrents, elle n’est pas propriétaire de son réseau, ce qui représente autant de capitaux immobilisés en moins dans son bilan.

Une activité insensible aux cycles économiques. Le PBJ (Produit brut des jeux) de la FDJ n’a baissé qu’en 2007 et 2008 (-1,8 et – 1,1 %). L’entreprise se diversifie dans la fourniture de logiciels pour d’autres opérateurs et de solutions de paiement. L’an dernier, elles n’ont contribué qu’à hauteur de 1 % de son chiffre d’affaires de 1,9 milliards d’euros.

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