Les fonds thématiques, la meilleure façon de verdir son épargne ?

Fin 2018, l’encours de la gestion « investissement responsable » s’affichait en progression de 40% sur un an, selon l’Association française de la gestion financière.

Pour s'assurer in fine de la durabilité des fonds, les gestionnaires fournissent à leurs clients des rapports d'impact qui en évaluent l'empreinte environnementale et sociale. Crédit: iStock.

Répondant à une demande croissante, les fonds thématiques dédiés à l’environnement et au changement climatique fleurissent. Mais faute de mesure unique permettant de les évaluer, les gérants sont contraints de développer leur propre méthodologie, en attendant l’émergence de standards européens.

Quand on parle de lutter contre le réchauffement climatique, la pollution de l’eau, la raréfaction des ressources, comment mesurer l’impact de son investissement? C’est tout l’enjeu de ces fonds, plébiscités par les clients.

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A fin 2018, l’encours de la gestion « investissement responsable » dans sa globalité, dont les fonds thématiques, s’établissait à 1.458 milliards d’euros en France, en progression de 40% sur un an, selon une étude de l’Association française de la gestion financière. « Historiquement, ces sujets-là étaient plus des préoccupations d’investisseurs institutionnels », relève auprès de l’AFP Aurélie Baudhuin, responsable de l’équipe ISR (Investissement socialement responsable) chez Meeschaert AM. Mais désormais, cet intérêt pour la finance durable « se démocratise énormément », complète-t-elle.

Notamment via les fonds thématiques environnementaux, qui prennent en compte l’impact des activités d’une entreprise, et pas seulement ce qui s’y passe en interne comme le font les critères ESG (environnement, social et de gouvernance).

Face à l’offre pléthorique d’investissements dits « verts », de plus en plus de gérants développent leur propre méthodologie. « Quand on mesure les émissions carbone d’une voiture, il y a plein de types de mesures que l’on peut faire », « c’est la même chose pour la finance », expliquait Marc-Olivier Buffle, spécialiste produits senior pour le fonds « Global Environmental Opportunities » (GEO) chez Pictet AM, à l’occasion d’une conférence début octobre. « Il n’y a pas une mesure unique, un label unique qui nous permette de déterminer si un investissement est durable ou non, il faut soulever le capot, regarder quels sont les processus qui sont mis en place, s’il y a une vraie sincérité à l’arrière-plan ».

Le client comme premier régulateur

La construction du portefeuille débute généralement par la définition d’une intention originelle, avant que soit déterminé un concept plus précis qui permette de sélectionner les entreprises.

Pour le fonds GEO, en plus de chercher « des entreprises fournissant des solutions aux défis environnementaux (…), nous avons adapté le concept de limites planétaires, issu du monde de la recherche », explique à l’AFP Steve Freedman, spécialiste produits senior dans les actions thématiques chez Pictet AM. 

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Utilisé depuis 2009, ce cadre « détermine neuf dimensions environnementales (pollution chimique, acidification des océans, perte de biodiversité…) avec des limites planétaires, c’est-à-dire des seuils qu’il faudrait essayer de ne pas franchir », ajoute-t-il.

Pour les fonds dits « à impact », ce dernier « doit être réalisé grâce aux produits et services des entreprises dans lesquelles on investit », ce qui implique de « regarder le pourcentage de chiffre d’affaires que l’entreprise réalise » par rapport à la thématique, souligne Béatrice Verger, responsable du développement des produits ISR de BNPP AM.

Cette sélectivité passe aussi par l’exclusion de certaines activités, comme celles liées au charbon et éventuellement au pétrole. « Les entreprises pétrolières ne sont pas automatiquement exclues mais le montant de leurs revenus (en rapport avec la transition énergétique) est tellement petit par rapport à ceux tirés des énergies fossiles qu’elles seront exclues de fait », indique auprès de l’AFP Mark Lewis, responsable recherche investissement durable pour BNPP AM.

Exclure les entreprises ou les accompagner dans leur transition, c’est l’un des principaux enjeux de ces investissements de long terme. « C’est l’ensemble des entreprises qui doivent évoluer (…) mais c’est aussi des nouvelles sociétés qui vont émerger », avance Benoît Vesco, directeur général de Meeschaert AM, qui inclut dans ses fonds à la fois des entreprises innovantes et des entreprises en mutation. « On voit bien que celles qui ne réagiront pas peuvent faire face à des situations dramatiques, avec peut-être des pertes financières », ajoute-t-il.

Et pour s’assurer in fine de la durabilité des fonds, les gestionnaires fournissent à leurs clients des rapports d’impact qui en évaluent l’empreinte environnementale et sociale.

Car, outre le marché, « le premier régulateur, c’est le client », estime M. Lewis. En attendant l’avis de l’Autorité des marchés financiers, qui prépare un rapport sur la finance durable dans la gestion collective.

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