En France, la banque privée UBS va imposer des pénalités à ses clients qui laissent végéter d’abondantes liquidités sur leur compte courant

Les clients français d’UBS laissant « dormir » sur leurs comptes courant d’importantes sommes vont subir une facturation de l’établissement.

Ce type de mesure ne risque toutefois pas de dépasser en France le cercle fermé des seuls très gros clients des banques. Crédit: iStock.

Dans le sillage de la banque privée Lombard Odier, sa concurrente UBS prévoit aussi d’imposer des pénalités à certains gros clients en France laissant végéter des sommes importantes sur leur compte courant, a appris jeudi l’AFP auprès de l’établissement. « UBS France confirme que les dépôts en cash des clients seront facturés en fonction de leur montant et de leur durée à compter du printemps 2020 et rappelle que son métier de banquier privé est de gérer ou de conseiller des investissements qui financent l’économie », a déclaré à l’AFP la banque, confirmant une information du quotidien Les Échos.

Cette politique ne concerne que les clients de la banque privée, UBS n’exerçant pas d’activités de détail en France, a précisé à l’AFP un porte-parole.

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Sont spécifiquement visés les clients conservant sur leur compte courant d’importantes sommes d’argent et n’ayant pas donné à la banque de mandat de gestion pour veiller sur leur épargne, rapporte le quotidien Les Échos.

UBS n’est pas le premier établissement en France à faire ce choix. Fin septembre, la banque privée Lombard Odier avait été la première banque en France à se dire officiellement prête à appliquer une pénalité à certains gros clients, notamment lorsque ceux-ci disposent de plus d’un million d’euros sur leur compte courant, pour compenser les conséquences négatives de l’environnement de taux très bas, voire négatifs.

Les banques sous la pression des taux bas

Comme nombre de ses rivales en Europe, l’établissement helvétique pâtit de la décision de la Banque centrale européenne d’imposer une pénalité aux établissements bancaires stockant auprès d’elle des liquidités, au-delà d’un certain seuil, plutôt que de les injecter dans l’économie.

Logiquement, cette politique affecte davantage les activités de banque privée, dont les clients disposent généralement de liquidités abondantes sur leurs comptes.

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Pour l’heure, ce type de mesure ne risque toutefois pas de dépasser en France le cercle fermé des seuls très gros clients des banques, les autorités financières ayant de toute façon signalé leur hostilité à d’éventuelles pénalités visant les ménages et les petites et moyennes entreprises.

« Aucune banque française n’applique aujourd’hui de taux négatifs à ses déposants particuliers habituels ou à ses PME, et nous comptons bien que cela demeure en l’état », avait ainsi martelé mi-septembre François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France.

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