Les 7 préceptes pour réussir vos investissements sur les fonds comme les pros

En matière de placements financiers, il ne faut pas compter sur la chance, seul un travail méthodique pourra vous assurer de sélectionner les bonnes valeurs, les meilleurs fonds ou encore les produits d’épargne les plus adaptés afin de valoriser votre patrimoine sur le long terme.

Malheureusement, cela signifie qu’il n’y a pas de recettes miracles ni de dogmes à suivre les yeux fermés pour y parvenir. Il existe toutefois quelques règles et principes, faciles à appliquer, que vous pouvez emprunter aux professionnels.

Adoptez une discipline de gestion sur le long terme

Vous devez faire preuve d’une certaine discipline dans la sélection de vos titres. « L’important, c’est de construire une méthode que vous suivrez sur le long terme, indique Marc Renaud, fondateur et PDG de Mandarine Gestion. En tant qu’investisseur “value”, je privilégie les entreprises décotées, mais cela ne signifie pas pour autant que les gérants qui sélectionnent des valeurs en croissance de qualité ont tort. » Il s’agit juste d’une autre approche. Pour sélectionner des fonds, vous devez être tout aussi attentif en vous appuyant sur des critères objectifs et en vous assurant que la Sicav est pilotée selon une stratégie pérenne dans le temps.

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Une même rigueur doit être appliquée pour l’organisation globale de votre patrimoine. Parmi les recommandations simples mais efficaces pour le faire fructifier : effectuez un inventaire fréquent de vos flux d’entrées et de sorties de capitaux, investissez de manière régulière pour lisser vos points d’entrée sur les marchés et profitez au maximum de l’effet boule de neige de la capitalisation en évitant de retirer votre argent trop rapidement.

Fixez-vous des objectifs de durée et de gain

C’est la base en matière de placements financiers ! « En anglais, on parle de “financial planning” : il faut répartir un patrimoine en fonction d’objectifs à court, moyen et long terme », explique Patrick Ganansia, associé-gérant du cabinet de gestion de patrimoine Herez. Pour cela, il faut vous appuyer sur trois enveloppes différentes : une dédiée à vos placements de trésorerie à court terme, une consacrée à vos placements à moyen terme et une dernière pour vos placements de plus long terme. « L’objectif auquel vous destinez vos capitaux doit servir à mesurer le temps que vous avez à votre disposition et donc la dose de risque que vous pouvez supporter », précise Julien Seraqui, PDG de Conseil Capital Plus et président de la Chambre nationale des conseils en gestion de patrimoine.

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Il ne faut pas s’arrêter en si bon chemin. Vous devez également vous fixer des ambitions de gains chiffrées :  2 %, 5 %, voire davantage. Mais ensuite, dès que vos placements ont atteint ces niveaux, prenez vos profits. Vous pouvez aussi, comme les professionnels, établir un budget maximal de pertes à ne pas dépasser. Par exemple, ne pas subir une moins-value de plus de 10 % sur un fonds ou une valeur et céder le produit dès que ce seuil critique a été atteint, ou tout du moins réexaminer la position. Pour la gestion des actions en direct, la plupart des courtiers offrent d’ailleurs des outils pour automatiser ce type de pilotage.

Il faudra ensuite mettre en musique vos objectifs tout en gardant une vision globale de votre patrimoine. « Déterminer la bonne allocation de vos actifs conditionne la réussite de vos placements financiers, estime Frédéric Largeron, directeur de la gestion privée au sein du groupe Crédit du Nord. Pour un investisseur qui dispose d’un horizon de cinq à dix ans devant lui, nous conseillons actuellement une allocation d’actifs stratégique qui se répartit entre 25 % d’obligations, 25 % d’actions, 25 % d’immobilier et 25 % de non-coté. »

Identifiez les indicateurs à suivre de près

Les ratios financiers sont des outils précieux pour sélectionner des titres cotés, à condition de savoir lesquels étudier. Assurez-vous de la bonne santé d’une entreprise en vérifiant la progression de son chiffre d’affaires, de son résultat net, son niveau d’endettement… Et si vous deviez vous concentrer sur un chiffre, optez pour la rentabilité des capitaux propres (ou ROE pour return on equity), qui renseigne sur les gains générés par l’entreprise pour chaque euro de capital apporté par les actionnaires. « C’est un bon indicateur pour savoir si une société est bien gérée. Si ce ratio est supérieur à 10 %, vous avez une marge de sécurité », estime William Higgons, gérant de la Sicav Indépendance et Expansion chez Stanwahr. Il peut même vous permettre d’éviter de recourir à une analyse plus poussée des autres données chiffrées.

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Ensuite, vérifiez que vous payez l’action à son juste prix, notamment en regardant le fameux ratio cours sur bénéfices (PER). Bien que ce marqueur ne soit pas parfait, il permet de savoir en un clin d’œil si la société est chère ou pas. « Historiquement, j’ai rarement payé une entreprise plus de 15 fois ses bénéfices et l’adage de Benjamin Graham selon lequel acheter des actions qui ont un PER (price earning ratio ou cours sur bénéfices) supérieur à 20 est un bon moyen de perdre de l’argent reste valable », ajoute William Higgons. La plupart des gérants de conviction évitent aussi d’investir au moment des introductions en Bourse car ils ne disposent pas alors de suffisamment de données chiffrées pour déterminer si le cours est attractif.

Si vous optez pour des Sicav, débutez par quelques informations basiques. A commencer par l’ancienneté du produit. Les professionnels délaissent les fonds trop jeunes, le risque de voir disparaître le support à court terme étant trop important. Privilégiez ceux qui présentent au minimum un historique de trois ans, voire de cinq ans. Consultez aussi l’encours des fonds pour éviter ceux qui affichent une capitalisation trop élevée (supérieure à 1 milliard d’euros). Dans la pratique, ils sont moins maniables, ce qui peut avoir des répercussions négatives sur leurs performances. A l’inverse, il ne faut pas choisir de trop petits véhicules : à moins de 100 millions d’euros d’encours, ils peuvent rencontrer des problèmes de liquidité en cas de coups durs boursiers.

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Enfin, étudiez les performances et visez la régularité. Les fonds doivent être bien classés sur différents horizons de temps : un an, trois ans, cinq ans. Référez-vous pour cela à nos Labels ou, à défaut, aux informations issues des fournisseurs de données, de type Morningstar et Quantalys, qui classent les fonds par quartile au sein de leur catégorie.

Tablez sur votre point fort et sachez vous entourer

Même les professionnels l’admettent : impossible d’être bon partout ! Beaucoup de gérants considèrent qu’ils sont incapables d’effectuer des prévisions sur la macroéconomie et portent donc toute leur attention sur la microéconomie, c’est-à-dire l’étude approfondie des entreprises. A votre tour, ne vous prenez pas pour un grand stratégiste, tant la discipline est complexe, et focalisez-vous plutôt sur la sélection des bons fonds ou valeurs. En outre, « un investisseur doit faire des choix, car il est impossible de couvrir tous les marchés et tous les secteurs d’activité », estime Fabrice Revol, responsable de la gestion de Kirao AM.

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Concentrez-vous sur ce que vous êtes capable d’appréhender. « Vous devez investir dans des valeurs ou des produits dont vous pouvez comprendre la mécanique », souligne Frédéric Largeron. Et si vous faites appel à un gérant, décryptez d’où provient sa performance en contrôlant son allocation d’actifs et vérifiez si cette dernière est bien en ligne avec l’objectif du fonds.

Enfin pour mettre à l’épreuve vos décisions d’investissement, ne vous enfermez pas dans votre propre gestion et regardez ce qui se pratique ailleurs. Certains investisseurs institutionnels, comme les assureurs ou les caisses de retraite, qui gèrent en direct leurs placements financiers, n’hésitent pas à en confier une poche à des professionnels externes pour pouvoir comparer leurs résultats.

Pour éviter l’isolement, vous pouvez aussi collaborer avec d’autres investisseurs, de même que certains gérants travaillent en équipe et décident de façon collégiale d’acheter ou de vendre un titre. Cela peut se faire en participant ou en constituant un club d’investisseurs.

Effectuez un suivi régulier de vos placements

En tant qu’investisseur particulier, vous n’avez pas, contrairement aux professionnels, de contraintes de gestion à respecter ni de rapports réguliers à fournir sur vos décisions (voir encadré, page suivante). Mais cela ne doit pas vous faire oublier de réaliser une revue ponctuelle de votre patrimoine. « Souvent, les particuliers font l’effort de bien choisir au départ leurs investissements puis ils ne s’en soucient plus. Or c’est une très mauvaise habitude. La rentabilité financière d’un placement dépend de son bon suivi à long terme », martèle Julien Seraqui.

Effectuez un bilan une fois par an au minimum, et, dans l’idéal, faites un point d’étape tous les trimestres. Assurez-vous que vos objectifs et votre situation n’ont pas changé, que vos placements sont en phase avec votre tolérance au risque, que les performances sont au rendez-vous…

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Si vous déléguez la gestion de vos titres, attention aux changements de pilote. Cela entraîne généralement une évolution dans le portefeuille qui doit être surveillée de près. D’ailleurs, les investisseurs institutionnels cèdent souvent les parts des fonds dans lesquels ils ont pris position dès lors que le gérant est parti. Ce cas de figure est d’autant plus vrai quand la raison de son départ est inconnue. « Il est également important de suivre au moins une fois par an l’actualité fiscale et juridique pour déclarer vos plus-values ou modifier si besoin vos enveloppes de placements », complète Benoist Lombard, fondateur de la société de conseil en gestion de patrimoine et de fortune Witam.

Recensez les frais des intermédiaires

La question des frais est souvent taboue. Or c’est un élément crucial qui aura un impact considérable sur les performances de vos investissements sur une longue période. Premier point : si vous faites appel à un conseiller en gestion de patrimoine ou un banquier privé, renseignez-vous sur son mode de rémunération, notamment s’il perçoit des rétrocessions pour certains plaements qu’il vend (le gestionnaire du produit lui reverse une partie des frais appliqués). « Un conseil dont la finalité n’est que la vente d’un produit financier ou la défiscalisation sera certes gratuit mais souvent inadapté », estime Benoist Lombard.

Deuxième règle : lisez la documentation à votre disposition. Vous trouverez une mine d’informations en amont de votre souscription dans les brochures précontractuelles (document d’information clé, conditions générales de vente…) ou, a posteriori, dans le récapitulatif détaillé des frais prélevés que doit vous fournir chaque année votre intermédiaire financier. Cela vous permettra de comparer les produits et, éventuellement, de négocier les frais !

Choisissez le meilleur moment pour agir

Le timing, c’est-à-dire acheter et vendre au bon moment, constitue l’une des clés pour la réussite d’un placement. Mais c’est un exercice extrêmement difficile, y compris pour un professionnel. Sans une bonne dose de chance, il est impossible d’acheter au plus bas et de revendre au plus haut, gardez bien cette donnée en tête ! Pour autant, il existe des méthodes pour tendre vers cet idéal. D’abord, il faut savoir admettre ses erreurs. « Avoir raison tout seul en Bourse signifie que l’on a tort. Il faut accepter de prendre ses pertes. Plus vous attendez, plus vous pouvez perdre de l’argent et rater de nouvelles opportunités », rappelle Marc Renaud. Concrètement, cela signifie que vous devez être capable de vendre dès qu’un placement n’a pas répondu à vos attentes. « Tous les six mois, je me sépare de la valeur de mon portefeuille qui affiche la pire performance, et statistiquement, cela fonctionne », confie William Higgons. En résumé, disciplinez-vous et forcez-vous à vendre. « Si le marché n’aime pas une valeur, il y a toujours une bonne raison », poursuit William Higgons.

Ensuite, appuyez-vous sur des éléments factuels pour limiter les comportements irrationnels. Vendez, par exemple, si la situation économique d’une entreprise se dégrade sur le plan structurel (arrivée de nouveaux concurrents, ventes en déclin…). A l’inverse, vous ne devez pas paniquer en cas de conjoncture baissière. « En période de marché chahuté, le stress l’emporte sur la raison et les fondamentaux. C’est généralement le mauvais moment pour vendre, mais le bon moment pour commencer à acheter », résume Fabrice Revol.

Diversifiez votre patrimoine

On ne le dira jamais assez : la diversification constitue le mot d’ordre pour tout patrimoine financier, et ce dès le départ. Mais comment la mener à bien ? La réponse peut sembler contre-intuitive. Mieux vaut débuter un portefeuille par une Sicav ciblant les marchés internationaux, suffisante à elle seule pour assurer une diversification complète avec seulement quelques milliers d’euros. Dans un second temps, il vous sera possible, selon le volume de capitaux disponibles, de créer des poches pour affiner votre stratégie en intégrant des segments de marchés spécifiques tels que des zones géographiques et des thèmes ou secteurs d’activité.

Audrey Spy

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