Connaissez-vous vous-même ! Les épargnants français ont des leçons à tirer de ce célèbre précepte philosophique attribué à Socrate. En matière de placements financiers, la raison doit toujours primer sur les émotions, l’instinct ou toute autre considération. Concrètement, vous devez lutter contre vos biais comportementaux pour prendre les bonnes décisions de placement.

Pour cela, il faut connaître votre tempérament d’investisseur. Si vous n’en avez aucune idée, vous pouvez l’identifier, par exemple en réalisant le test investIQ proposé en ligne par la société de gestion Schroders. Il vous donnera des éléments de réponse. Mais pour investir comme un pro, il vous faudra être particulièrement vigilant et déjouer les principaux pièges dans lesquels s’engouffrent généralement les particuliers.

1- Investir pour de mauvaises raisons

Les épargnants sont souvent poussés par des motifs secondaires à souscrire certains placements. Par exemple, s’engager tête baissée sur des produits de défiscalisation est une tentation à bannir. Au risque sinon d’en oublier les réflexes de base, à savoir vérifier la qualité du placement proposé et son potentiel de gain à long terme. La carotte fiscale doit seulement constituer un bonus et en aucun cas être le moteur de votre décision d’investissement.

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De même, il ne faut pas croire aux produits miracles, ceux qui vous promettent de gagner beaucoup d’argent, en peu de temps et sans prendre de risque. D’une part, vérifiez toujours qu’il ne s’agit pas d’une arnaque. Ainsi, l’Autorité des marchés financiers (AMF) alerte actuellement sur la recrudescence des escroqueries liées aux crypto-actifs ou aux placements sur le vin ou les cheptels. D’autre part, soyez raisonnable et n’oubliez pas que plus un placement peut rapporter gros, plus il est risqué. Ne vous montrez pas trop confiant !

2 – Avoir une idée préconçue

Il est fréquent qu’un épargnant souhaite investir sur telle ou telle classe d’actifs en y croyant dur comme fer, sans pour autant que ce placement soit adapté à son horizon de temps ni même au contexte de marché. Méfiez-vous des biais de confirmation, c’est-à-dire notre propension à retenir uniquement les informations qui confirment notre point de vue initial et à exclure, de manière inconsciente, les arguments contraires.

3 – S’engager au pire moment

Les particuliers ont souvent le réflexe d’investir au plus haut des marchés. Ce phénomène est lié à notre instinct grégaire, à notre inclination à adopter un comportement moutonnier. Ainsi, nombre d’amateurs attendent souvent une période faste en Bourse pour se positionner, au moment même où les professionnels commencent, quant à eux, à se montrer plus prudents et décident de prendre leurs profits.

Inspirez-vous plutôt des gourous de la finance, qui ont tendance à acheter au son du canon, c’est-à-dire lorsque les cours sont dégradés par de mauvaises nouvelles, et à vendre au son du violon, à savoir à se désengager quand tout va bien.

4 – Se montrer versatile

En matière de placements, les épargnants ont tendance à succomber aux effets de mode et à changer d’opinion en fonction de la conjoncture à court terme. Or, il faut arriver à s’extraire des bruits et rumeurs de marché. Certes, vous pouvez parfois avoir du nez, à l’exemple de certains boursicoteurs qui ont misé très tôt sur Netflix, quand peu y croyaient. Mais il s’agit souvent d’un coup de chance difficile à reproduire. Utilisez plutôt les bons outils de gestion pour détecter les investissements robustes sur le long terme.

5 – Conserver des placements décevants

Tous les investisseurs ont du mal à vendre leurs positions malheureuses. Mais les particuliers ont souvent une trop forte aversion aux performances négatives, ce qui les conduit à ne jamais couper leurs pertes et même à les creuser. Rappelez-vous que quand un cours décroche de 50 %, il faudra ensuite qu’il progresse de 100 % pour retrouver son niveau initial. Suivez les méthodes des gestionnaires pour éviter ce travers.

6 – Concentrer ses investissements

Les particuliers ont tendance à investir uniquement dans le secteur d’activité qu’ils connaissent bien, par exemple celui dans lequel ils exercent leur profession. Ils sont nombreux aussi à acheter très largement des actions de leur entreprise, concentrant ainsi trop fortement leur prise de risque. Les amateurs ont aussi pour habitude de se positionner uniquement sur les valeurs françaises. Vous devez au contraire ne pas mettre tous vos œufs dans le même panier et diversifier votre patrimoine financier, tant d’un point de vue sectoriel que géographique.

Audrey Spy

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