L’inflation a ralenti en 2019 après trois années d’accélération

L’inflation a reculé principalement en raison « d’un ralentissement des prix de l’énergie », tout comme ceux des prix des services.

D'après l'Insee, l'inflation sous-jacente est, elle, restée stable à 0,8%. Crédit: iStock.

L’inflation a fortement ralenti l’an dernier en France, après trois années consécutives d’accélération, tombant à un niveau légèrement inférieur à celui prévu par le gouvernement qui ne table pas sur un rebond en 2020.

D’après l’Institut national des statistiques et des études économiques (Insee), la hausse des prix à la consommation s’est établie à 1,1% en moyenne en 2019 contre 1,8% en 2018. C’était alors son niveau le plus élevé depuis 2012, où elle avait atteint pour la dernière fois la barre des 2%. 

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Ce taux d’inflation moyen, qui fait référence pour les revalorisations contractuelles, notamment salariales, est par ailleurs légèrement inférieur à celui qu’avait prévu Bercy dans son projet de loi de finances initiale (1,2%). Il devrait rester quasiment stable cette année et la suivante, le gouvernement tablant sur une inflation respectivement de 1,3% et de 1,4%. 

« Pas plus terrible » au cours des deux prochaines années

« Elle ne sera pas plus terrible au cours des deux prochaines années », a expliqué à l’AFP, Philippe Waechter, chef économiste d’Ostrum asset management. « Il y a certes de possibles fluctuations liées aux prix du pétrole, comme celles des dernières semaines lors de la crise entre les Etats-Unis et l’Iran, mais il faut s’attendre à une contribution limitée de l’énergie pour ces deux prochaines années », a-t-il ajouté.

« Je n’observe pas dans ces chiffres un dynamisme qui permette d’anticiper un changement d’allure. Il n’y a pas de pression salariale », a souligné M. Waechter, qui observe « un modèle économique qui est en train de changer » par rapport à une époque comme les années 1980 où les salaires augmentaient et soutenaient la hausse des prix.

Selon l’Insee, l’inflation a reculé principalement en raison « d’un ralentissement des prix de l’énergie » (ils ont reculé de +9,7% en 2018 à +1,3% l’an dernier). « La fiscalité sur les produits pétroliers étant restée stable et compte tenu d’un cours moyen annuel du (pétrole de la mer du Nord) Brent proche de celui de 2018, les prix des carburants augmentent à peine en moyenne annuelle en 2019″, a constaté l’institut statistique. 

Ne pas abaisser l’objectif

Parallèlement, les prix des produits manufacturés ont connu « un recul accentué », à -0,6% l’an dernier contre -0,2% l’année précédente, avec un repli des prix de l’habillement (-0,6% contre -0,2%) ou encore de ceux des gros appareils ménagers (-2,1% après -1,6%).

Les prix des services ont aussi connu un ralentissement l’an dernier, notamment ceux des services de la santé à la suite de « la mise en place du premier volet de la convention dentaire signée en 2018, qui prévoit une revalorisation des actes dentaires courants et une baisse des prix des prothèses dentaires ».

En revanche, la hausse des prix des services de transports est restée « dynamique » l’an dernier à 0,7% contre 0,8% en 2018, soutenue par les bus et les taxis (+1,4%), malgré un recul de 0,3% dans les transports ferroviaires (grandes lignes, trains régionaux, métro et tram), a souligné l’Insee.

A l’inverse, les prix des produits alimentaires ont poursuivi leur accélération en 2019 pour la quatrième année consécutive (+2,5% après +1,9% en 2018).

D’après l’Insee, l’inflation sous-jacente -c’est-à-dire corrigée des variations saisonnières et débarrassée des phénomènes conjoncturels- est restée stable à 0,8% comme l’an dernier, loin des 2% recherchés par la Banque centrale européenne.

« La BCE aimerait plus d’inflation, mais elle n’y parvient pas » a constaté M. Waechter, qui rappelle que des voix s’élèvent à Francfort pour que l’objectif d’inflation soit revu à la baisse. « L’abaisser reviendrait à accepter de prendre le risque d’être en déflation ce qui est inacceptable pour un banquier central », a-t-il souligné. 

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