Placements: comment y voir clair dans les fonds durables

Les Français plébiscitent de plus en plus la finance « verte », mais chaque label suit des critères éthiques et responsables.

Les fonds thématiques sont plus risqués dans la mesure où ils sont moins diversifiés.

Les fonds « verts » ne sont pas tous aussi durables. Ils n’en séduisent pas moins les Français pour autant. En 2019, les encours des fonds durables ouverts aux épargnants français ont quasiment doublé, pour atteindre 278 milliards d’euros, selon Novethic, expert de la finance durable et filiale de la Caisse des Dépôts. Ils sont constitués à 50% d’actions, puis d’actifs monétaires (28%) et d’obligations (16%). Durables, ces fonds sont aussi intéressants en terme du rendement. Par exemple, ceux investis en actions ont gagné 28% en 2019, précise Business Insider.

Les fonds ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance) intègrent, par exemple des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance. Mais selon Anne-Catherine Husson-Traore, directrice générale de Novethic: « Il y a beaucoup de déclaratifs et une large gamme de ce qu’il est possible de faire dans l’ESG ». Ainsi, des actions d’une entreprise comme Total peuvent intégrer un fonds ESG si la gouvernance de l’entreprise s’avère vertueuse.

Des actions d’entreprises travaillant dans le charbon

Le label ISR (investissement socialement responsable), lui, « garantit la qualité des processus de sélection des valeurs (actions des entreprises, NDLR) sur des critères ESG, mais il n’est pas forcément un gage de financement d’une économie plus verte ». Pour preuve, le label compte des actions d’entreprises ayant des activités dans le nucléaire, le charbon ou le pétrole.

Le label Greenfin est en revanche considéré comme plus exigeant par Novethic, puisqu’il exclut en grande partie les énergies fossiles et le nucléaire. En effet, selon le document de référence du label, une entreprise ayant jusqu’à 5% de son activité dans le fossile ou le nucléaire peut se retrouver dans un fonds Greenfin. Si ces encours ont presque quadruplé en un an, pour atteindre 6 milliards, à la fin du mois de décembre 2019, ils restent loin des 128 milliards d’encours des fonds ISR.

A LIRE >> Les épargnants favorables aux investissements durables, mais peu d’entre eux concrétisent

Il existe également des fonds thématiques qui se commercialisent de mieux en mieux en raison de leur simplicité de « lecture ». Ils sont en revanche plus risqués dans la mesure où ils sont moins diversifiés. Enfin, du côté de l’Europe, des travaux sont engagés afin de définir une classification commune des activités vertes et créer un label européen.

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