Luminosité, vue… Les « trucs » des propriétaires pour passer outre l’encadrement des loyers

Une analyse des baux de location parisiens, relayée par Le Parisien, met au jour les arguments déployés par les propriétaires bailleurs pour faire monter les loyers.

À Paris, la multiplicité des stations de métro n'en fait pas un atout rare. Crédit: iStock.

Les propriétaires bailleurs parisiens ne manquent pas d’imagination lorsqu’il s’agit de faire monter le prix du loyer de leurs biens. L’encadrement des loyers n’a pas suffi à les ramener à la raison, d’autant qu’ils peuvent compter sur le flou qui entoure la notion de complément de loyer, dont il n’existe pas de définition juridique claire. Une étude des baux de location, réalisée par Smartloc, une entreprise spécialisée dans la gestion locative automatisée, et reprise par Le Parisien, lève le voile sur certaines des astuces des bailleurs privés.

Ainsi, la présence d’un four, d’une machine à laver, d’un lave-vaisselle conjuguée avec l’autorisation de sous-louer l’appartement à des touristes coûtent 120 euros supplémentaires chaque mois, dans le cas d’un appartement de 50 m² situé dans le 14e arrondissement. Sans cela, le loyer mensuel est de 1 450 euros. Dans le 19e arrondissement, un bailleur privé n’hésite pas à facturer 125 euros la proximité avec le parc des Buttes-Chaumont. Un autre gonflera la « note » de 60 euros, parce que son bien est situé à proximité d’une bouche de métro. Pourtant, « la commission de conciliation s’est déjà prononcée à l’encontre de cet argument », souligne Sanya Miletic, juriste à l’Agence départementale pour l’information sur le logement (Adil) de Paris. Il faut dire qu’à Paris la multiplicité des stations n’en fait pas un atout rare.

L’Adil renseigne ceux qui doutent

Certains propriétaires ajoutent également des compléments de loyer sous prétexte que des travaux ont été réalisés. Pourtant, l’encadrement des loyers ne tient pas compte de l’état des logements. Il se base sur la surface du bien et l’année de construction de l’immeuble.

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Il y a aussi ceux qui misent tout sur la vue. Pour un bout de tour Eiffel, un complément de loyer de 96 euros est demandé aux locataires d’un 59 m² loué 2 250 euros dans le 7e arrondissement. Dans le même secteur, un bailleur réclame chaque mois 625 euros pour occuper un 10 m². Un loyer qui s’explique par les 200 euros réclamés pour la vue sur la Dame de fer. Un champ dégagé (ou non) sur le Panthéon, la tour Montparnasse… vaut aussi qu’on mette la main à la poche. Enfin, il y a les propriétaires qui doutent et préfèrent se renseigner. Ils peuvent alors se tourner vers l’Adil.

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