Bourse: que penser des entreprises bénéficiaires du Prêt Garanti par l’Etat ?

Que faut-il penser des aides de l’Etat aux entreprises cotées ? Sont-elles tirées d’affaire pour autant ? Voici nos conseils pour guider au mieux vos investissements.

Certaines entreprises cotées en bourse sont en difficulté. Faut-il en profiter ? Crédit : iStock

Quelques ténors et midcaps de la cote parisienne ont demandé et obtenu un Prêt Garanti par l’Etat (PGE). Ces lignes de crédit garanties presque en totalité par l’Etat visent autant à limiter une augmentation du chômage et des faillites qu’à permettre aux entreprises de voir venir.
Voici les valeurs qui ont bénéficié de ces aides et quelques conseils à suivre pour agrémenter votre portefeuille.

Aux grands maux les grands remèdes. Avec une économie française à 67 % de son potentiel, selon l’Insee, les pouvoirs publics ont dégainé une arme de rétablissement massif : 100 milliards d’euros pour des Prêts Garantis par l’Etat (PGE) pour les entreprises en difficulté. Ainsi, pour celles de moins de 5 000 salariés et avec un chiffre d’affaires inférieur à 1,5 milliard, 90 % des montants levés auprès des banques sont « cautionnés ». Au-dessus de ces seuils, la garantie tombe à 70 ou 80 %. Au 30 avril dernier, près de 48 milliards d’euros ont été injectés dans 400 000 entreprises, dont plusieurs sociétés cotées, pour des sommes s’étalant de 500 000 euros (Drone-Volt) à 7 milliards d’euros (Air France-KLM).


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Fnac-Darty : première entreprise à obtenir l’aide du PGE

Fnac-Darty est la première de la cote à obtenir ce PGE, avec une ligne de crédit de 500 millions d’euros garantie à 70 %. Sur le premier trimestre, son chiffre d’affaires s’est replié de 10,3 % à 1,49 milliard d’euros. L’entreprise ne peut compter que sur un redémarrage progressif et partiel, les centres commerciaux franciliens de plus de 40 000 mètres carrés, comme Vélizy ou Parly2, demeurant fermés. A noter que sa maison-mère, Ceconomy, a sollicité une aide de 2 milliards d’euros du gouvernement allemand.
On s’abstiendra sur le titre pour le moment.

Air France KLM décroche l’aide la plus conséquente

Près de 7 milliards d’euros tandis que KLM négocie une aide de quatre milliards couverts par les Pays-Bas. En contrepartie, la compagnie devra supprimer des lignes intérieures et renouvellera une partie de sa flotte. Tant mieux pour Airbus et ses fournisseurs comme Latécoère, qui obtient un PGE de 60 millions d’euros. Reste à savoir si cela suffira à une compagnie qui affiche une perte nette trimestrielle de 1,8 milliard d’euros. Le pool bancaire sollicité s’est fait tirer l’oreille, inquiet d’un engagement public plafonné initialement à 70 % des crédits bancaires. L’Etat a injecté directement 3 milliards et accepté une entorse au principe du PGE, en lui accordant une garantie de 90 %.
Nous restons à l’écart du dossier en raison d’une gouvernance défaillante et de la main mise des syndicats.

Renault : profite du PGE à un montant moindre

Renault figure au second rang avec un PGE de 5 milliards d’euros. Le constructeur en aura bien besoin : en mars, ses ventes mondiales ont chuté de 46% ! Un malheur ne survenant jamais seul, le plan de redémarrage de l’usine de Sandouville à été retoqué par la justice. Ce qui retarde le retour à meilleure fortune d’un constructeur empêtré dans son alliance avec Nissan-Mitsubishi. A noter que PSA n’a pas sollicité la garantie publique, comme Michelin. Le groupe sochalien a tout de même négocié une ligne de crédit bancaire de 4 milliards d’euros.
On pourra racheter ces trois titres sur repli pour leur très faible valorisation.

Des entreprises sans visibilité à long terme

Contraint à l‘arrêt total, le loueur Europcar a obtenu 223 millions d’euros garantis à 90 % par l’Etat. Le groupe a annoncé une perte nette trimestrielle de 105 millions d’euros et 850 millions d’euros d’économies.
Ce dossier très spéculatif incite à la prudence en l’absence de visibilité sur le modèle économique à long terme.

Si Accor Invest, la foncière propriétaire des murs du groupe éponyme, a renoncé à un PGE de 500 millions d’euros, Nexans négocie toujours pour un montant pour 280 millions d’euros. Le tourisme continuera de souffrir pendant plusieurs trimestres.
On restera à l’écart du titre Accord. Même conseil pour Nexans qui reste fortement soumis aux cycles économiques.

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